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Malgré un certain nombre de réformes fiscales, le niveau d'imposition est resté élevé ces trois dernières années en Belgique, et représente un des plus importants au monde, constate PriceWaterhouseCoopers dans son étude annuelle sur la fiscalité en Belgique, dont les résultats ont été présentés lundi. Selon la société de consultance, le "Tax Freedom Day", soit le jour où chaque résident belge a fini de payer tous ses impôts et "peut commencer à travailler pour lui-même", n'a pas varié en trois ans et tombe encore cette année en date du 10 juin. Aux Etats-Unis, ce jour fictif tombe le 23 avril, aux Pays-Bas le 27 mai, au Royaume-Uni le 2 juin et en France le 7 juin. Les Allemands ne devancent les Belges que d'un jour, le "Tax Freedom Day" y tombant le 9 juin.

Le "Tax Freedom Day" est calculé en divisant l'ensemble des revenus fiscaux (fédéraux, régionaux et locaux), y compris les cotisations sociales, par le produit intérieur brut (PIB). Pour 2008, le ratio en Belgique est de 44,1%, pratiquement inchangé par rapport à l'année dernière.

Si le niveau d'imposition est élevé en Belgique, les impôts servent à financer de nombreuses prestations de service public ainsi que la sécurité sociale, a rappelé le professeur Wim Moesen, de la KU Leuven. Ce dernier a toutefois mis en évidence l'absence de corrélation entre l'importance des revenus fiscaux d'un Etat et la compétitivité du pays. "En comparaison avec 22 autres pays de l'OCDE, la Belgique figure en sixième place au niveau de l'importance du budget de l'Etat mais tombe à la treizième place au niveau de l'efficacité des pouvoirs publics", explique Wim Moesen.

En revanche, l'universitaire a trouvé un lien entre efficacité des pouvoirs publics et compétitivité de l'économie. Il estime enfin qu'il doit être possible de baisser la masse totale des impôts de 8% en huit ans en Belgique, tout en relevant les prestations publiques de 8%, ce qui permettrait d'avancer le "Tax Freedom Day" en Belgique aux alentours du 25 mai.

De son côté, PriceWaterhouseCoopers a formulé plusieurs propositions de réforme du système fiscal belge. En matière d'impôt des sociétés, le cabinet de consultance prône notamment une baisse du taux d'imposition à 25%, voire moins (contre 33,99 pc actuellement), ainsi qu'une exonération à 100%, au lieu de 95%, sur les dividendes entrants. PriceWaterhouseCoopers plaide en outre pour une simplification et une meilleure progressivité des tranches d'imposition de l'impôt des personnes physiques, en faveur des bas et moyens revenus. A cet égard, la proposition de réforme fiscale du ministre des Finances Didier Reynders "va dans le sens de ce que nous proposons", a jugé Frank Dierckx, managing partner chez PwC.

De manière générale, s'il constate une série de pas "dans la bonne direction", comme les intérêts notionnels ou la conclusion d'une nouvelle convention fiscale avec les Etats-Unis, le cabinet de consultance demande une fiscalité belge moins complexe, plus transparente et plus attractive à l'égard des investisseurs étrangers.