De l'aveu même de Gilles Vanden Burre, député fédéral Ecolo, "c'est une surprise". Son groupe parlementaire avait déposé en octobre dernier une proposition de résolution visant à ce que les entreprises publiques (Proximus, bpost, Infrabel, la SNCB, Skeyes et Belfius) soient obligées d'établir leur bilan carbone, de le publier et qu'elles s'engagent, via un plan d'actions, à atteindre la neutralité en matière d'émissions de CO2. La semaine dernière, la proposition des verts a été soumise au vote des membres de la commission Infrastructure de la Chambre. Une majorité de députés l'a approuvée. Le texte sera soumis au vote en assemblée plénière le jeudi 4 avril.

"Personne n'a voté contre. La N-VA, le CD&V, l'Open VLD et le s.pa se sont abstenus", précise Gille Vanden Burre. "Les libéraux, les nationalistes et sociaux-chrétiens flamands ont avancé comme argument que cette mesure pourrait nuire à la compétitivité des entreprises. J'entends la même chose de leur part au sujet de la loi climat (soumise au vote des parlementaires fédéraux ce jeudi, NdlR)."

"Ce texte est très important pour les écologistes. S'il est voté en plénière, ce sera une pression très forte qui sera mise sur le prochain gouvernement. Les trois partis de la majorité qui se sont abstenus en commission affirment que la loi climat est trop vague, qu'ils veulent des actions. On ne fait pas plus concret que cette proposition de résolution. Et, pour Ecolo-Groen, la neutralité carbone est source d'opportunités pour une entreprise, commerciales, liées au bien-être de ses travailleurs, etc.", déclare le député Ecolo.

Parmi les six entreprises publiques belges, seule Proximus est engagée sur ce sujet puisque l'entreprise de télécoms a reçu en 2017 le label "CO2 neutral". Dans une moindre mesure, bpost a aussi réduit ses émissions de CO2 et a atteint la neutralité carbone dans ses activités de mailing. Belfius et bpost publient leur bilan carbone. Par contre, la SNCB, Skeyes et Infrabel ne disposent pas de données quant à leurs émissions de gaz à effet de serre.

Depuis 2007, Proximus est parvenue à réduire ses émissions de CO2 de plus de 70% pour ses activités belges. Comment ? Notamment en s’alimentant à 100% en électricité verte, en améliorant l’efficacité énergétique de ses réseaux fixes et mobiles, en réduisant la consommation d’électricité de ses centres de données, en renouvelant les installations de chauffage dans ses bâtiments, en passant à un parc de véhicules beaucoup plus respectueux de l’environnement et en stimulant ses employés à recourir davantage aux transports en commun ou au vélo pour se rendre au travail. L'entreprise continue aussi à compenser ses propres émissions subsistantes en soutenant des projets climatiques internationaux, essentiellement en Afrique.