L’embargo russe sur les produits agroalimentaires va faire mal en Belgique. Mais s’il y a une région qui semble - du moins pour l’instant - préservée par ce boycott, c’est Bruxelles. La Russie, qui est le 22e client de la Région bruxelloise, ne représente ainsi que 0,41 % du total du commerce bruxellois de biens. Soit des échanges évalués à 25 millions d’euros en 2013. "L’économie bruxelloise sera largement moins affectée que la Flandre et la Wallonie qui exportent une part importante de denrées issues de l’agriculture et de l’élevage", explique-t-on du côté de Bruxelles Invest & Export (BIE). Et c’est d’autant plus vrai que le chocolat et les sucreries représentent 81 % des exportations alimentaires vers la Russie. Or ces exportations ne sont pas (encore ?) visées par le boycott actuel.

Pourtant le marché russe commençait à être en vogue à Bruxelles. Près de 800 PME de la capitale, sur les 4 050 exportatrices, avaient repris la Russie comme l’un de leurs marchés cibles en 2013. En fait, Bruxelles exporte principalement du service de consultance vers la Russie. Beaucoup d’experts de la capitale voyagent fréquemment vers Moscou et pour l’instant les visas restent délivrés "de façon fluide" , d’après BEI.

Mais la crise ukrainienne pourrait prendre des proportions plus inquiétantes et un véritable plan "Antiembargo russe" a été mis au point à Bruxelles, au cas où celui-ci devait s’étendre à d’autres produits ou services.

Un help desk a ainsi été créé pour, notamment, rediriger les entreprises vers d’autres marchés. "On oriente principalement les entreprises bruxelloises vers des pays comme le Kazakhstan, la Géorgie ou la Pologne" , explique Stijn De Bock, spécialiste des douanes auprès de BIE. Autre volet de ce plan : guider les entreprises en difficultés suite à cet embargo vers des outils de financement et des services de support de la Région.

Infos : 02.800.40.46.