Manifestement assuré de rempiler, au printemps prochain, pour un second mandat de six ans, Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, s'active actuellement à agencer les différentes pièces du grand puzzle de la numérisation. Avec une date fétiche en ligne de mire : la fin de 2011. La chaîne publique mettra alors fin à ses émetteurs analogiques pour entrer pleinement dans l'ère du numérique.

La RTBF n'attendra toutefois pas cette échéance pour entamer sa mue technologique et mettre en oeuvre une "stratégie plurimédias" (voir LLB, 26/10). "Nous visons une numérisation de toute notre chaîne de production à l'horizon de 2009, ce qui va permettre à la RTBF de valoriser davantage ses contenus à travers une diversification des canaux de distribution", nous expliquait vendredi M.Philippot dans le cadre du salon "Audio Visual Creative Fair" (ACF), qui se clôture ce samedi à Bruxelles.

Le chantier de la numérisation de la télévision publique, ouvert depuis plusieurs mois, est à la fois complexe et coûteux. "La numérisation de la télé va de la saisie des images jusqu'à l'envoi du signal", indique Jean-Paul Philippot. La RTBF a dû faire appel à plusieurs fournisseurs : EVS (serveurs), Avid (montage), Mergin (post-production) ou encore Dalet (logiciels de gestion de la production). La RTBF a également fait l'acquisition de nouvelles régies mobiles. Et, vendredi, le conseil d'administration devait avaliser la commande d'un nouveau parc de caméras (une centaine, au total). "Ce sont des investissements qui avaient été décidés dès 2003 dans le cadre du plan Magellan et dont le montant dépasse les 50 millions d'euros", précise M.Philippot. D'autres projets sont toujours en cours, comme celui de la numérisation des régies finales. Mais, dès 2008, les équipes de l'info et des sports se lanceront dans un mode intégré de production numérique (sonnant le glas de cassettes d'enregistrement !), avec une mise en réseau des différents sites de la RTBF.

Ce projet baptisé "Numprod" va avoir un impact direct sur les modes de diffusion des programmes de la RTBF. "La numérisation de notre production rend nettement plus facile la déclinaison de nos contenus sur différentes plateformes. On va aussi pouvoir répondre aux nouvelles attentes du public, qu'il s'agisse de réception mobile, d'interactivité, de nouveaux formats, etc.", souligne l'administrateur général. La RTBF est d'autant mieux placée pour décliner les contenus qu'elle produit plus de 50 pc de son offre de programmes.

A court terme, la RTBF prévoit de communiquer au grand jour sur la possibilité, offerte à quelque 80 pc de la population de la Communauté française, de capter ses programmes en numérique hertzien (TNT) moyennant un investissement unique ne dépassant pas les 100 euros. En 2008, la chaîne publique devrait aussi prendre position sur le terrain de la télé mobile, en mode DVB-H, en partenariat avec des opérateurs privés. Quant à la haute définition, l'horizon paraît plus lointain, même si tous les investissements consentis actuellement intègrent la HD.