RÉCIT

La Société Belge des Bétons (SBB) est l'une des plus anciennes entreprises belges à être cotée en bourse. Son inscription sur les tableaux de la Bourse de Bruxelles (sous le nom Belge des Bétons) remonte au 27 juillet 1920! Mais depuis un an, force est de constater que le groupe industriel connaît une seconde jeunesse sur les marchés. Il fait partie de ces rares valeurs belges qui ont vu leur cours cartonner (+65,4 pc) lors du premier semestre 2002.

ORIGINES NÉERLANDAISES

La Société belge des bétons a été fondée en 1909 par la famille néerlandaise Stulemeijer, propriétaire de la société `Internationaal Gewapendbeton-Bouw´ à Breda. La SBB a entamé ses activités en Belgique en tant que société de travaux de génie civil et d'ingénierie. Son premier succès fut l'escalier monumental Horta qui relie toujours aujourd'hui la rue Royale au Cantersteen, à côté du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

La société s'est rapidement aussi fait un nom dans les projets maritimes. C'est elle qui a réalisé la construction du Canal Albert et du Tunnel Kennedy, entre autres. La SBB a également joué très vite la carte internationale: elle a créé des filiales en France et en Espagne, au Congo et au Moyen-Orient.

Aujourd'hui, la Société Belge des Bétons se profile comme un groupe industriel actif dans trois domaines: les travaux de construction, les travaux électromécaniques et l'immobilier.

Sa principale filiale Besix (91 pc de son chiffre d'affaires) est le premier groupe de construction belge. Elle possède plusieurs filiales nationales (Entreprises Jaques Delens, Etablissements Jean Wust et Ondernemingen Vanhout) ainsi qu'une filiale en France (Muller TP). Besix multiplie, par ailleurs, les méga-chantiers en Europe centrale et orientale et au Moyen-Orient (aux Emirats Arabes Unis et en Egypte, notamment).

Deuxième pôle d'activité: l'électromécanique qui relève de la société Yvan Paque et de VSE. La promotion immobilière est le troisième secteur d'activité du groupe, incarné par Betonimmo et ses filiales.

En 2001, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 961,53 millions d'euros - en hausse pour la 4e année consécutive -, dont 60 pc en dehors de la zone euro. Le bénéfice net consolidé a, lui, progressé de 67,2 pc à 15,49 millions d'euros. Le groupe emploie 9000 collaborateurs dans le monde.

NOUVEAU CONSEIL

L'année 2001 a été marquée par le renouvellement du conseil d'administration suite à l'entrée d'un nouvel actionnaire de référence (TrustCapital Partners) dans le capital. Les deux autres actionnaires de référence sont toujours les familles héritières Stulemeijer et Tytgadt. L'arrivée d'administrateurs indépendants dans le conseil a aussi amené plus de transparence. Depuis un an, le groupe développe une nouvelle politique de communication qui se traduit par des visites de chantiers pour journalistes et analystes financiers et l'annonce de tous les contrats décrochés par Besix. D'où le regain d'intérêt pour l'action.

DÉBOIRES EN FRANCE

Lors de la présentation de ses très bons résultats 2001 en mars, le groupe s'était déjà montré moins optimiste pour l'année en cours. Mais il y a trois semaines, le tableau s'est quelque peu assombri: la SBB a revu ses prévisions à la baisse suite aux déboires de la filiale française de Besix, Muller TP qui annonce une perte significative pour 2002, ce qui aura forcément un impact sur les résultats de SBB. En cause: une erreur technique qui a été commise par un sous-traitant lors de la construction d'un pont à Jossigny et pour lequel Muller était maître d'oeuvre. L'entreprise française a demandé une expertise pour déterminer les responsabilités mais dans l'immédiat, elle doit financer les travaux de mise en conformité, ce qui la plonge dans des difficultés financières.

A L'AFFÛT D'ACQUISITIONS

Malgré ce revers, le groupe compte bien poursuivre son expansion. `Nous restons à l'affût d'acquisitions en France et aux Pays-Bas notamment, mais aussi en Belgique dans les régions où le groupe n'est pas présent (Flandre orientale et occidentale)´, souligne Bart Wuyts, le directeur de la communication de SBB.

© La Libre Belgique 2002