La SNCB demande des millions d'euros

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Ph. Law.

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La SNCB demande des millions d'euros
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A l'heure où le groupe SNCB (la holding SNCB et les deux filiales : le gestionnaire d'infrastructure Infrabel et l'opérateur SNCB) est engagé dans une discussion avec la ministre de tutelle Inge Vervotte (CD&V) pour la conclusion d'un nouveau contrat de gestion, "La Libre" a mis la main sur les principales exigences des dirigeants.

Pour 2008, ils ont chiffré la dotation fédérale à leur profit à un montant total de 1,2 milliard d'euros, dont 190,59 millions d'euros pour la holding, 719,52 millions pour Infrabel et 293,36 millions pour l'opérateur SNCB. Mais le groupe est aujourd'hui confronté à un problème dont l'éventuelle prise en compte par le gouvernement fédéral inquiète les dirigeants. En effet, il ressort des documents que le groupe SNCB ne consomme annuellement qu'environ 87 pc du budget d'investissement mis à sa disposition par les autorités fédérales. Par conséquent, si le fédéral en tient compte, il pourrait être tenté de réduire son aide.

Paradoxe : il apparaît aujourd'hui que le solde non dépensé des années antérieures s'élève à 223,048 millions d'euros, soit un montant supérieur à la dotation qu'espère la holding pour 2008. Dans le même temps, les nouvelles propositions du budget d'investissement de la holding d'ici 2012 laissent apparaître un écart (à combler) d'un montant total de 176 millions d'euros, dont 3,6 millions d'euros pour les infrastructures RER (gares et parkings).

La Wallonie à la caisse

Le budget d'exploitation de la holding reprend les projets d'investissement. Et pour la première fois, en 2008, le groupe fera appel au préfinancement régional. Trois des projets nécessitent l'intervention de la Wallonie. Il s'agit notamment du parking de la gare de Louvain-la-Neuve pour un montant total de 60 millions d'euros, dont 9,8 millions à charge des Wallons. La construction de la gare de Gosselies, prévue pour désenclaver l'aéroport de Charleroi, est aussi à l'agenda. Coût estimé en 2005 : 172,3 millions d'euros dont 23,1 millions pour la Wallonie. Sans oublier la modernisation de la Ligne Bruxelles-Luxembourg pour 458,7 millions, l'intervention wallonne dans le coût du financement est fixée à 47,1 millions.

En attendant le démarrage de ces travaux qui n'interviendront probablement pas en 2008, la holding en a programmé d'autres pour cette année pour un montant total de 259,3 millions d'euros (voir répartition sur infographie).

Endettement en hausse

Au niveau des équipes, les chiffres confirment le manque de personnel dénoncé depuis des mois par les syndicats de la SNCB (voir infographie). Fin octobre 2007, le groupe employait 36 711 cheminots alors que le budget 2007 en prévoyait 37 216. Sur le plan financier, la holding s'attend à réaliser en 2008 un chiffre d'affaires de près de 2,36 milliards d'euros pour un résultat opérationnel de près de 75 millions d'euros. Son endettement au 31 décembre 2007 s'élève à 3,1 milliards d'euros et les prévisions le chiffrent à 3,24 milliards au 31 décembre 2008. Dans le tableau des investissements en infrastructures prévus en 2008, il ressort que les dirigeants de la holding et d'Infrabel tordent un peu le cou à la clé de répartition 60 (en Flandre)/40 (en Wallonie). Flandre et Wallonie réunies bénéficieront de 805,1 millions d'euros en 2008, dont 483 pour la Flandre. Mais les détails montrent que l'investissement lié à l'extension de capacité est plus important en Flandre (67 pc) qu'en Wallonie (33 pc). La situation aurait même suscité une question du commissaire du gouvernement.

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