Invité de l'association belge de management et de marketing (BMMA), l'administrateur délégué de la SNCB, Marc Descheemaecker a évoqué mardi la stratégie de l'opérateur ferroviaire, ses perspectives et ses défis pour l'avenir. A en croire la "locomotive" de tête de la société, la SNCB prendra bientôt connaissance d'une étude inédite sur son image auprès du public. "Nous en avons fait une en 2001 et après avoir mis de l'ordre dans nos comptes, sans que le consommateur en soit pénalisé, nous voulons savoir ce qu'il en est aujourd'hui. Pour rappel, la plupart des sociétés font ce travail de restructuration en faisant porter les coûts sur les travailleurs et les consommateurs", a indiqué Marc Descheemaecker.

Une image plus positive

Selon nos informations, les résultats de l'étude sur l'image de la SNCB en 2001 étaient assez négatifs. Cette fois, selon le sondage réalisé par l'institut Ipsos Belgique auprès de diverses catégories (navetteurs, non utilisateurs, etc.), l'entreprise est mieux perçue aujourd'hui qu'en 2001. Les résultats de l'enquête seront connus en octobre. Quid de la dénomination de l'entreprise ? "Le nom SNCB n'est pas sexy, mais on va le garder car c'est un capital pour nous", a encore précisé le CEO de la SNCB.

Gain de 250 000 € par jour

Au niveau de la stratégie commerciale, outre les actions de promotion et des investissements pour rendre ses guichets plus attrayants, tout porte à croire que l'entreprise planche sur une adaptation de sa grille pour accroître la clientèle. Et certains propos laissent entrevoir une réorganisation de l'offre. "Pour réaliser le taux de croissance qu'on nous demande (+ 25 pc sur la période 2006-2012), il faut abandonner certaines choses. Par ailleurs, la question est de savoir aujourd'hui si on doit continuer à faire rouler des trains quasiment à vide en heure creuse, alors que ça nous coûte presque 500 € par jour et par voyageur, soit la consommation énergétique d'une voiture pendant deux mois", martèle l'orateur qui a rappelé que l'abandon du transport des pigeons lui a valu 12 questions parlementaires et le courroux de deux ministres. Or ce service rendu aux colombophiles pesait négativement sur le chiffre d'affaires de la société...

Au niveau de la performance opérationnelle, l'éclaircie se confirme pour l'opérateur. Il dit réaliser des gains (sans avoir licencié du personnel) évalués à 250 000 € par jour depuis 2005, au point d'être aujourd'hui "proche de l'équilibre financier". En 2002, la perte était encore d'environ un milliard d'euros. Par ailleurs, le trafic international (Thalys, Eurostar) qui affichait encore une perte opérationnelle de 12,6 millions d'euros l'an dernier. Pour 2007, cette activité devrait sortir du rouge et présenter un boni, même s'il sera modeste.

Pour l'avenir, le transporteur veut défendre "sa position centrale au coeur d'un réseau ferroviaire européen" en privilégiant des alliances et des "joint-venture". Il devra également relever un autre défi, beaucoup plus technique : trouver des candidats pour renouveler son personnel dont 70 pc sont dans la tranche 44-55 ans et qui songent à partir à la (pré) retraite.