Après trois exercices successifs de croissance, la Société des bains de mer, fleuron de la principauté de Monaco, a fait état vendredi d’une forte chute de son activité et de ses résultats, confirmant l’impact de la crise économique sur la clientèle de luxe.

Le groupe, qui contrôle des casinos, des hôtels de luxe, des bars et restaurants huppés sur le Rocher dit avoir souffert de la désaffection de sa clientèle américaine et évoque aussi l’impact de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, entrée en vigueur en novembre 2008 à Monaco. "On constate que le rendement des machines à sous situées dans un espace fumeur est de deux fois et demi supérieur à celles se trouvant dans un espace non-fumeur", a dit à la presse Bernard Lambert, directeur général de la SBM.

L’emploi pourrait souffrir dans la Principauté. Sans parler de suppressions d’emplois, la SBM annonce une réduction des embauches de travailleurs saisonniers. Les départs à la retraite ne seront pas systématiquement remplacés. Après trois années où le chiffre d’affaires de la SBM est passé de 334,4 millions d’euros en 2004-2005 à 457,6 millions d’euros, il a baissé de 27 % au second semestre 2008.

Sur l’ensemble de l’exercice, le chiffre d’affaires consolidé du groupe a reculé de 13 % pour s’établir à 400 millions d’euros contre 457,6 en 2007-2008. Le secteur jeux est particulièrement pénalisé avec un chiffre d’affaires de 210,7 millions d’euros, en baisse de 19 %. La baisse est sensible aussi dans l’hôtellerie avec un recul de 6 % sur l’exercice à 174,9 millions d’euros. Le résultat opérationnel s’est établi à 19 millions d’euros contre 64,1 millions d’euros pour l’exercice précédent. L’avenir apparaît incertain. "Les réservations de juillet et août sont longues à venir", a indiqué Jean-Luc Biamonti, président du conseil d’administration de la SBM. Italiens, Français et Anglais, dans l’ordre, demeurent les plus nombreux et les plus fidèles à la Principauté, dit la SBM. La fréquentation des Russes et des ressortissants des pays de l’est de l’Europe est en progression régulière, tandis que celle des Américains et des Canadiens est en chute, de 14 % et 10 %. Mais globalement, la société a préféré ne pas s’exposer en émettant des prévisions contraignantes sur l’exercice en cours, jugé particulièrement difficile par la direction. (AFP)