Les dirigeants de la Sonaca ont annoncé jeudi en conseil d’entreprise extraordinaire leur intention de se séparer de 440 travailleurs à Gosselies (Charleroi) dont 300 ouvriers, 120 employés et 20 cadres. "Dès avril 209, des mesures telles que le chômage économique ont été adoptées pour faire face à des réductions de cadences de l’ordre de 33 % sur l’ensemble des activités de production basées à Gosselies. Ces mesures ne suffisent plus aujourd’hui. D’autres actions sont dès à présent indispensables pour envisager un retour de l’entreprise à la rentabilité dès que possible", a expliqué l’entreprise dans un communiqué. Elle indique dans le même temps avoir lancé la "procédure Renault" couplée à un plan de réduction des coûts de fonctionnement de l’entreprise afin de recouvrer l’équilibre avant 2011. Elle annonce aussi l’accentuation des actions visant à améliorer la productivité et le service aux clients.

Le CEO de la Sonaca, Bernard Delvaux a commencé, dès hier après-midi, une série de rencontres avec le personnel pour détailler la procédure et répondre aux questions. L’objectif est de clôturer la tournée des ateliers d’ici mercredi, selon nos informations.

Du côté syndical, aucun mouvement de grève n’est venu émailler (pour l’instant) le quotidien de la Sonaca. Mais la CSC Métal Hainaut prévient qu’elle s’opposera à tout licenciement sec. "Il faut préalablement négocier toutes les possibilités alternatives telles que prépensions, chômage de longue durée, formation professionnelle. Il appartient de préparer l’entreprise aux défis de demain", a commenté Thierry Duchêne, son secrétaire régional. Pour la FGTB Métal Hainaut-Namur, "adapter l’emploi sur le site à la cadence actuelle de production paraît trop simpliste", a estimé son président, Antonio Di Santo.

Pour la ministre fédéral de l’Emploi, Joëlle Milquet (CDH), "il faut analyser à quel point le dispositif de mesures anticrise peut servir à éviter tant que possible les licenciements effectifs". Même état d’esprit chez le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS) qui appelle les dirigeants de l’entreprise à jouer la carte de la transparence. "Il faut jouer à livre ouvert sur la situation de l’entreprise. La Région wallonne sera aux côtés de l’entreprise, mais elle se comportera comme un investisseur qui répondra aux contraintes européennes", nous a-t-il confié, précisant qu’il faut opter pour les solutions les moins douloureuses.