Radionomy attaque le marché français! Selon nos informations, NRJ Global, régie publicitaire du groupe NRJ en France, commercialise désormais un "package" alliant ses 33 webradios aux 2 500 webradios francophones de Radionomy. "Grâce à cette combinaison, nous pouvons offrir aux annonceurs un volume de quatre à cinq millions de contacts par semaine", souligne Yves Baudechon, co-fondateur de la start-up belge.

Selon M.Baudechon, cette collaboration entre un grand groupe média français et une petite start-up belge répond à une véritable évolution du marché hexagonal. "NRJ nous apporte sa crédibilité et sa force de frappe sur le marché français", explique-t-il. "De notre côté, nous fournissons un medium innovant qui correspond aux attentes de agences médias. Ces dernières commencent à réaliser que les habitudes de consommation de la radio sont en train de se diversifier sous l’impulsion du numérique. On le voit notamment chez les jeunes."

Quid du marché belge? "Notre priorité a toujours été la France, indique Yves Baudechon. A ce stade, nous n’avons aucun accord avec NRJ Belgique, qui est d’ailleurs commercialisée par la RMB, ni avec aucune autre régie radio."

Pour l’instant, NRJ Global vendra principalement une audience de masse ("run off network") et n’offrira aucun ciblage par webradio ou par critère socio-démographique particulier. Radionomy affirme cependant travailler à un système de segmentation qui permettra aux annonceurs de toucher les micro-audiences qui composent l’auditoire global de Radionomy (on retrouve ici le phénomène de la "longue traîne" cher aux marketeers).

Radionomy a été créée l’an dernier par quatre "serial entrepreneurs" de l’Internet belge: Gilles Bindels, Cédric van Kan, Yves Baudechon et Alexandre Saboundjian. L’idée: permettre à chaque internaute de créer sa propre radio sur Internet en piochant dans une bibliothèque de quelque 100 000 morceaux musicaux et jingles qu’il peut compléter par ses propres contenus audio. En plus de fournir les outils de diffusion, Radionomy se charge de gérer les droits d’auteur et de partager les revenus publicitaires avec les créateurs de webradios en fonction du volume de leur audience.

Radionomy avait clôturé l’année 2008 sur une perte de 570 000 euros avant d’annoncer, en mars dernier, une nouvelle levée de fonds qui lui a permis de porter son capital à un million et demi d’euros. "La crise a contraint les annonceurs à reporter les projets innovants, reconnaît Yves Baudechon. Mais nous tablons sur un chiffre d’affaires autour de 500 000 euros cette année et bien davantage encore pour 2010. A raison de quatre minutes de publicité par heure sur notre réseau de webradios, nous pouvons générer un chiffre d’affaires potentiel de 500 000 euros par mois."