D'après l'hebdomadaire Paris Match paru ce jeudi, Venyo, qui occupait une vingtaine de personnes à son siège de Gosselies, a mis au point un simulateur révolutionnaire baptisé "Fixed-based Simulator" (FSTD). Il fonctionne sur une alimentation électrique simple et sans vérin hydraulique - contrairement aux "gros simulateurs" de grands groupes dominant le marché, les "Full Flight Simulators" (FFS) - et donne les mêmes sensations aux pilotes.
 
La société a été déclarée en faillite en janvier par le tribunal de l'entreprise de Charleroi. Le plan de sauvetage de Venyo imaginé par son ancien patron, Grégory Bronchart, n'a toutefois pas convaincu le curateur, l'avocat carolo Alain Fiasse. Lundi, il a, selon plusieurs médias, chargé la société de ventes Auctim-Moyersoen de procéder à la mise aux enchères en ligne des actifs qu'il doit liquider, notamment trois simulateurs, dépourvus cependant de leur software. - dont les codes source appartiennent à la Région wallonne. 

Sonnette d'alarme

Selon Paris Match, la Sûreté de l'Etat, alertée par un expert privé en intelligence économique, Frédéric Baldan, conseiller de la start-up carolo, a tiré la sonnette d'alarme et mis en garde le curateur ainsi que le cabinet du ministre wallon de l'Economie, Willy Borsus, contre le danger de transfert de technologie. Car l'un des candidats repreneurs était, selon l'hebdomadaire, la société néerlandaise Wright Brothers Flight Technology (WBFT), implantée à Hoofdorp, près de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.
"En réalité, cette entreprise concurrente de Venyo - pourtant screenée par l'Awex (Agence wallonne à l'exportation) en 2017 - est la filiale d'une compagnie chinoise : la Harbin Wright Brothers Flight Technology Ltd, active dans la fabrication de simulateurs de vol et basée à Harbin, une agglomération du nord-est de la Chine", précise Paris Match. Selon le magazine, l'un des gros actionnaires de la maison-mère chinoise de WBFT est Yu Minhong, alias Michael Yu, fondateur et président du New Oriental Education Technology Group basé à Pekin, le plus grand pourvoyeur de services éducatifs privés du pays, coté à la bourse de New York.