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Le bureau d’études DELTATEC, spécialisé dans la conception de systèmes embarqués sur mesure, participe à ce « spin-in ». L’entreprise est particulièrement active dans le monde de l’équipement embarqué pour le marché industriel, le broadcast, la télécommunication, le médical, le spatial et l’aéronautique. Rien ne destinait pourtant les trois fondateurs, Christian Dutilleux, Olivier Roba et Michel Caubo à de tels développements. « A l’origine, nous voulions monter une structure proposant à l’industrie une nouvelle technologie électronique révolutionnaire », nous explique Christian Dutilleux. « Les domaines d’application se sont vite diversifiés, en gardant comme fil conducteur l’image et la vidéo ». Comment DELTATEC est-elle passée de l’image en orbite à l’image industrielle ? Le déclic « spatial » est advenu en 2003. « C’était une évolution logique. Elle nous a donné des atouts non négligeables pour nos autres activités ». En voici quelques applications.

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Du jeu vidéo aux stades de foot

Dans les années 90, ce sont d’abord les jeux vidéo qui ont mobilisé l’entreprise. Tout en continuant à investir dans le hardware, DELTATEC a aussi plongé dans le software. « Nos développements dans les cartes vidéo spécifiques et les images de synthèse ne cessent de croître. DELTATEC commercialise, via sa société-sœur DELTACAST, différents produits dans le monde du football ; DELTA-live propose de l’affichage en réalité augmentée pendant la diffusion en direct de matchs ; DELTA-highlight diffuse des clips d’analyse de scènes de match et DELTA-stadium gère les affichages et les contenus sur les écrans des stades », nous précise Christian Dutilleux. Les télévisions francophones de Belgique utilisent ces technologies. Certaines ont même été fournies à la télévision chinoise (BTV). Les applications DELTACAST se retrouvent aussi sur les écrans géants de stades, comme au stade de France ou celui de Lyon. En Belgique, mais aussi en Argentine, en Hongrie et en Slovaquie, les fédérations de football ont recours à des produits DELTACAST pour l’arbitrage vidéo (VAR) qui permettent, entre autres, de déterminer en quelques secondes ce qui vient de se passer sur la pelouse, comme par exemple les hors-jeux.

Photographier le soleil, un défi thermique

Parmi de nombreux programmes de recherche, DELTATEC participe aussi au programme Solar Orbiter. « Nos caméras embarquées dans le satellite ont pour mission de naviguer pendant trois ans pour se rapprocher au plus près du soleil et l’observer pendant plus de cinq ans. C’était un défi majeur ! Ces trois caméras nous ont demandé de dépasser des contraintes de chaleur. Lors des passages au plus près du soleil, le satellite reçoit plus de rayonnement qu'au niveau de l'orbite terrestre et sa température grimpe à 520°, une chaleur redoutable pour les caméras qu'il a donc fallu protéger. Après quelques mois de voyage, nous les avons activées pour vérifier leur bon fonctionnement et, à notre belle surprise, alors que le satellite est encore bien loin du soleil, elles détectent de toutes petites éruptions solaires, plus d’un million de fois plus petites que les tempêtes solaires bien connues. Ce phénomène nouveau, appelé ‘feux de camp’, intrigue au plus haut point les scientifiques », poursuit Christian Dutilleux, fier de voir DELTATEC participer à ces avancées.

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Des applications dans le secteur médical

Depuis le début la crise sanitaire, DELTATEC a tenté de contribuer à son échelle à la gestion de la pandémie, notamment en apportant sa technologie en soutien au corps médical. « Nous avons offert du matériel pour des imprimantes 3D, au moment de la fabrication des masques. » Dans le secteur médical, DELTATEC fournit des cartes vidéo qui permettent l’analyse par intelligence artificielle d’image et fournissent en direct des informations au chirurgien lors d’une endoscopie comme, par exemple, la détection de zones cancéreuses. Le système fonctionne avec des algorithmes évolués d’intelligence artificielle et est le seul agréé aux USA et en Europe. »

Depuis début 2021, DELTATEC participe également au programme WINGS, un programme de recherche pour une industrie aéronautique wallonne plus verte et durable, et au programme ELOISE, un projet d’étude sur des solutions innovantes de refroidissement et de transfert de chaleur pour limiter la température de fonctionnement de l’électronique, notamment dans les avions.