La «télé du futur» devient réalité. Dix ans après son avènement, cette télévision dite digitale ou numérique n'est plus réservée à quelques happy few. Les années de la bonne vieille télé analogique sont définitivement comptées. Le basculement, en Europe, aura lieu au plus tard en 2012.

Au coeur de la douzième édition du rapport annuel «Television International Key Facts» réalisé par le Comité marketing d'IP (RTL Group), la télé digitale - qui se distingue par une nette amélioration de l'image et du son, la multiplication des chaînes et l'interactivité - touchait, à la fin de 2004, quelque 42,8 millions de foyers européens et 51,8 millions aux Etats-Unis. Apparue sous forme payante sur des «bouquets» satellitaires (à l'image de Sky Digital en Grande-Bretagne), la télé digitale bénéficie aujourd'hui d'une multiplication des plates-formes. Désormais, le satellite doit coexister avec la télé numérique terrestre (hertzien), par câble et par Internet (ADSL). Et le payant doit composer avec le gratuit. Mais tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Face à la Grande-Bretagne (6 foyers sur 10 sont passés à la télé numérique) et aux Etats-Unis (1 foyer sur 2), d'autres sont nettement moins avancés, comme la France (avec un taux de pénétration de 25 pc) et l'Allemagne (16 pc). La Belgique est quasiment lanterne rouge en Europe de l'Ouest avec un taux de pénétration d'à peine 1 pc. L'année 2005 marque toutefois un tournant. Au sud comme au nord, les opérateurs ont embrayé (Be tv, Telenet, Belgacom TV,...). De quoi faire décoller, selon les experts de IP, la pénétration de la télé digitale en Belgique. On passerait de 11 pc en 2006 à 45 pc en 2010.

La télé digitale, marquée par une hausse spectaculaire de l'offre de chaînes, entraînera-t-elle une fragmentation des audiences et la fin du leadership des grandes chaînes généralistes? Dans les pays proposant historiquement une offre large, comme l'Allemagne ou la Belgique, cette fragmentation semble limitée. «A l'exception du cas britannique, on observe que les rapports de force entre grandes chaînes se modifient très peu», souligne Stéphane Coruble, directeur marketing IP TV.

Autre révolution en marche: la télé sur les GSM (5,4 millions d'abonnés fin 2004). La Grande-Bretagne, une fois encore, et l'Italie semblent montrer la voie. La Belgique suit encore très timidement. Proximus offre depuis peu une dizaine de chaînes «en live» ainsi que des formats spécifiques produits par RTL-TVI sous la forme de trois JT quotidiens de deux minutes.

© La Libre Belgique 2005