La libéralisation du transport ferroviaire de passagers est en bonne voie. Les ministres européens des Transports ont décidé, lundi à Bruxelles, d'en libéraliser le trafic international d'ici à 2010. Et ce, malgré les quelques centaines de cheminots européens venus manifester à la gare du Midi contre un projet qui, à leurs yeux, met «le service ferroviaire (...) en danger», a déclaré la secrétaire générale adjointe de la Fédération des travailleurs des transports, Sabine Trier, citée par l'AFP.

«Nous sommes contents du résultat», a réagi le Belge Renaat Landuyt à la sortie de la réunion. «Nous étions très inquiets il y a quelques mois. Et maintenant, nous sommes plutôt soulagés.» D'après le président belge national de la CGSP Cheminots, José Damilot, cité par Belga, la SNCB ne serait pas directement menacée par la libéralisation du transport des voyageurs à condition qu'elle reste performante. D'autant que le cabotage sera bien encadré.

Pour un petit pays enclavé tel que la Belgique, le sujet se révélait particulièrement sensible et le vote des eurodéputés, en septembre, en faveur d'une ouverture à la concurrence non seulement du transport international de passagers dès 2008 mais aussi du transport national dès 2012 avait échauffé les esprits. Aussi la Belgique avait-elle entrepris un énorme travail de lobbying pour convaincre ses partenaires européens de se limiter au trafic international, en attendant de réussir à convaincre à présent le Parlement de Strasbourg.

Dans la foulée, les ministres européens ont aussi convenu lundi d'indemniser les passagers en cas de retards importants sur les lignes internationales: une heure de retard vaudra un remboursement de 25pc; deux heures, de 50pc.

© La Libre Belgique 2005