La Région wallonne a riposté la semaine dernière après les accusations de soutien déloyal à l'aéroport de Charleroi qu'elle a entendues à l'échelon fédéral. Dans une réponse adressé à la Commission européenne, elle évoque notamment une vente de terrains qui aurait rapporté 437 millions d'euros à l'aéroport de Bruxelles. Le ministre wallon en charge des aéroports, André Antoine, a dénoncé le "harcèlement" dont l'aéroport régional fait l'objet depuis une dizaine d'année de la part d'un "milieu flamand", à tel point qu'une plainte a été déposée devant la Commission européenne. Celle-ci a ouvert une enquête à laquelle la Région wallonne a apporté sa contribution.

Selon M. Antoine, l'aéroport national a acheté en 2004 à l'Etat fédéral des terrains et bâtiments pour un montant de 206 millions d'euros revendus deux ans plus tard pour 643 millions d'euros. "Il y a eu un cadeau de 437 millions d'euros", a affirmé le ministre en réponse à des questions d'actualité de Véronique Cornet (MR) et Hugues Bayet (PS).

M. Antoine a mis en avant les grandes différences entre les deux aéroports, semblables à celles qui séparent une Dacia d'une Porsche, et qui débouchent sur des coûts très divers: une redevance de 2 euros par passager à Charleroi contre 28 euros à Zaventem.

Le ministre a dit par ailleurs ne pas éprouver de crainte particulière d'un départ de Ryanair, principal occupant de l'aéroport de Charleroi, vers Zaventem. "Nous avons eu un contact avec O'Leary (patron de la compagnie irlandaise, ndlr). Vous avez vu sa réponse: trois destinations en plus".