Il est des jours, si pas tous, où les boîtes aux lettres se transforment en véritables décharges publicitaires... A tel point que les facteurs éprouvent parfois des difficultés à glisser, dans lesdites boîtes, le "vrai" courrier (lettres, journaux et magazines payants, etc.). La cause de cet engorgement (variable, bien entendu, selon la taille des boîtes) ? Toutes boîtes, gazettes gratuites, pubs adressées, etc.

Les statistiques, telles que recensées dans une étude récente du Crioc (Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs), sont saisissantes. Chaque semaine, les ménages belges reçoivent dans leurs boîtes entre 543 et 929 grammes de publicité non sollicitée, soit un poids annuel moyen de 39 kg. Sur cette base, on estime le volume global de ces pubs à 3 316 tonnes de déchets. A cela, il faut encore ajouter une moyenne annuelle de 9 kilos de publicités adressées (ce qui fait un total de 768 tonnes pour l'ensemble du pays), sans compter les pubs sous film plastique.

Dans son étude, menée avec le soutien de la Région wallonne, le Crioc constate que le volume de ces différentes catégories de toutes boîtes publicitaires est non seulement supérieur en Wallonie, comparativement à la Flandre et à Bruxelles, mais également en croissance. A titre d'exemple, le volume des pubs sous film plastique est de 48 pc supérieur à la moyenne nationale.

Une telle différence régionale trouve son origine dans la mise en oeuvre d'un dispositif fort simple : l'autocollant "Stop Pub" à apposer sur les boîtes aux lettres. Ce dispositif, en vigueur en Flandre et à Bruxelles depuis la fin des années 1990, a entraîné une chute du volume publicitaire dans les foyers flamands et bruxellois.

Amendes

La Wallonie a décidé d'en faire de même. "L'arrêté vient de paraître au "Moniteur". Dans le courant du mois d'avril, des autocollants "Stop Pub" seront distribués dans les 1,56 million de boîtes aux lettres recensées en Wallonie", nous a précisé le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen (CDH). Trois types d'autocollant seront proposés : refus de recevoir des imprimés publicitaires et de la presse gratuite, refus de recevoir des imprimés publicitaires ou refus de recevoir de la presse gratuite. Seuls ces autocollants auront une valeur légale.

Si, malgré l'apposition d'un autocollant, un toutes boîtes devait atterrir dans votre boîte, le "distributeur" pourra être sanctionné. "Nous sommes encore en négociation, mais la sanction variera entre 50 et 100 € avec perception immédiate par un agent communal", précise le ministre Lutgen. Une période de rodage sera observée durant quelques mois. Mais, dès le début 2008, ce sera tolérance zéro.