Le géant suisse des matériaux de construction LafargeHolcim a accéléré son désendettement en 2019 et annoncé un bénéfice net en forte hausse sur fond de baisse des coûts de restructuration et frais financiers.

Le bénéfice net a atteint 2,2 milliards de francs suisses, soit 2,1 milliards d'euros, en hausse de 49,5% par rapport à l'année précédente.

Le groupe issu de la fusion en 2015 du français Lafarge et du suisse Holcim, a en revanche vu son chiffre d'affaires se replier de 2,7% à 26,7 milliards de francs, a-t-il indiqué dans un communiqué. Sur une base comparable, ses ventes se sont accrues de 3,1%.

Ces ventes se situent légèrement au-dessus des prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP qui les attendaient en moyenne à 26,6 milliards de francs.

L'an passé, le fabricant de ciment et de béton a nettement réduit sa dette en accélérant son programme de cessions avec la vente en février de ses activités en Indonésie, puis en mai de ses activités en Malaisie. A la clôture des comptes, sa dette a été ramenée à 8,8 milliards, en baisse de 35% sur un an.

"La forte diminution de notre dette nette a significativement renforcé notre bilan", s'est félicité son directeur général, Jan Jenisch, cité dans le communiqué, soulignant que le groupe a atteint tous ses objectifs pour 2019.

L'ancien patron du groupe suisse Sika avait repris les commandes de LafargeHoclcim en 2017, en plein scandale sur la Syrie, et avait rapidement lancé un grand plan sur cinq ans, qui s'est traduit par une réorganisation, avec la fermeture notamment de ses anciens sièges sociaux de Paris et Zurich.

Conditions difficiles en Chine

Pour 2020, le groupe s'attend notamment à une croissance annuelle des ventes de l'ordre de 3 à 5%, dans la lignée des objectifs à cinq ans.

S'il mise sur une continuation de la croissance en Europe et en Amérique du Nord et une amélioration en Amérique latine, les conditions devraient rester difficiles en Afrique et au Moyen-Orient.

En Asie, LafargeHolcim table sur une progression de la demande en Inde. Il s'attend par contre à des conditions "difficiles" en Chine, avant même de tenir compte de l'impact potentiel de l'épidémie de nouveau coronavirus.

Interrogé sur les répercussions de l'épidémie de Covid-19, le patron du groupe de Zoug (centre) a dit s'attendre immanquablement à un ralentissement en Chine avec la mise à l'arrêt de grands chantiers.

Mais "je ne vois pas de raisons de paniquer", a-t-il déclaré aux journalistes lors d'une conférence téléphonique. Les grands projets d'infrastructures peuvent être mis en pause, et entraîner des retards sur la demande mais vont ensuite redémarrer, a-t-il argumenté.

"Nous nous attendons à une reprise en mai", a-t-il ajouté.

L'an passé, les ventes de ciment dans la zone Asie-Pacifique ont chuté de 18,1% tandis que les ventes de béton prêt-à-l'emploi se sont contractées de 23,3%, le groupe évoquant une contribution toujours "solide" de la Chine. Des mesures ont été prises en Australie pour faire face à l'actuel ralentissement.

Pour 2019, LafargeHolcim a maintenu son dividende au niveau de l'année précédente à 2 francs suisses par action.

En debut d'après-midi, l'action LafargeHolcim était la seule valeur qui parvenait à se maintenir dans le vert au sein du SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse. A 13H30 GMT, elle prenait 0,50% alors que le SMI s'affaissait de 2,65%.

Dans un commentaire boursier, Bernd Pomrehn, analyste chez Vontobel, a jugé ces résultats "solides" et les prévisions pour 2020 "encourageantes".

"Avec un bilan de plus en plus solide, l'entreprise gagne en flexibilité stratégique", a-t-il estimé.