Les prix du pétrole sont remontés vendredi à New York au-dessus de 77 dollars le baril, regagnant progressivement le fort recul qui avait suivi leur nouveau record historique.

Après un nouveau record historique mercredi, à 78,77 dollars le baril, les cours étaient rapidement redescendus et avaient perdu plus de deux dollars. Le marché s'était d'abord alarmé d'une quatrième baisse consécutive des stocks américains de brut, qui ont plongé de 6,5 millions de barils.

Puis à l'inverse, les investisseurs s'étaient rassurés avec la nette augmentation du rythme de fonctionnement des raffineries (à 93,6 pc, leur plus haut niveau depuis 11 mois) et la hausse des stocks d'essence et de produits distillés.

Mais les interrogations se poursuivent sur l'adéquation entre l'offre de pétrole et la demande sans cesse croissante. " Il y avait eu une trop forte réaction du marché à la baisse, a estimé un analyste londonien. Désormais, le marché est visiblement en train de réagir aux propos de l'Opep ( ) qui estime qu'il y a beaucoup de brut dans le monde ", a ajouté l'analyste.

Avec le fort mouvement à la baisse du marché, grâce à la hausse de la cadence des raffineries, " l'Opep peut souligner que cela confirme leur point de vue, puisque les prix sont fortement redescendus, alors même que les stocks de brut ont reculé, et donc que cela n'a rien à voir avec l'Opep ", a-t-il poursuivi. Le marché continue de s'interroger pour savoir si le cartel va décider ou non d'augmenter sa production, pour alléger la pression sur les prix, lors de sa prochaine réunion, prévue le 11 septembre à Vienne.

Vendredi, l'organisation n'a pas voulu commenter les propos du ministre irakien du Pétrole, Hussein al-Chahristani, qui a déclaré jeudi que le cartel pétrolier envisageait " un léger accroissement de sa production ".

Selon les commentateurs, la flambée du brut est une calamité pour les pays en développement importateurs d'énergie. Leur facture pétrolière s'est considérablement alourdie, aggravant leur déficit commercial et entravant la lutte contre la pauvreté. Claude Mandil, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui défend les intérêts énergétiques des pays consommateurs, parlait récemment de " catastrophe épouvantable pour les plus pauvres ". (AFP)

© La Libre Belgique 2007