Les cours du pétrole se stabilisaient mercredi en cours d’échanges européens, après avoir franchi pour la première fois depuis deux ans à Londres la barre des 98 dollars, dans un marché où les craintes sur l’oléoduc Trans Alaska s’estompaient et où pesait un renchérissement du dollar. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février s’échangeait à 97,59 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 2 cents par rapport à mardi. Il est cependant monté brièvement jusqu’à 98,46 dollars en cours de séance, un niveau sans précédent depuis le 1er octobre 2008, et qui le rapproche encore du seuil des 100 dollars, très surveillé par les investisseurs.

De son côté, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en février cédait 4 cents à 91,07 dollars. "Le marché du pétrole reste toujours solidement soutenu par les températures très basses relevées en Chine et aux Etats-Unis", les deux premiers consommateurs de brut de la planète, expliquait Filip Petersson, analyste de la banque suédoise SEB. Par ailleurs, "la fermeture de l’oléoduc Trans Alaska devrait maintenir les prix à un niveau élevé tant que l’incertitude sera entretenue sur la date de redémarrage définitif", a-t-il ajouté. Reliant la région pétrolifère de North Slope, aux confins de l’Arctique, à la côte sud de l’Alaska, cet oléoduc, qui transporte environ un dixième de la production américaine totale, est fermé depuis samedi après la découverte d’une fuite dans une station de pompage. L’oléoduc devrait cependant être remis provisoirement en service pour éviter le gel du pétrole qu’il contient, selon des documents publiés mardi soir par les autorités environnementales de l’Alaska. "Si la situation empire et que l’oléoduc finit par geler, nous pourrions très bien voir les cours du Brent dépasser temporairement la barre des 100 dollars le baril", a averti M. Petersson.

La fermeture momentanée, entre mardi et mercredi, des champs Snorre et Vigdis exploités par la compagnie pétrolière norvégienne Statoil en mer du Nord, en raison d’une fuite, a également participé à la fermeté des cours, notaient des analystes. Les stocks de pétrole brut ont diminué plus que prévu la semaine dernière aux Etats-Unis, tandis que ceux de produits raffinés ont augmenté beaucoup plus qu’anticipé, selon des chiffres publiés mercredi par le département américain de l’Energie. (AFP)