Le baril de pétrole a connu une nouvelle frénésie d'achats mardi, se rapprochant des 130 dollars à New York, où il a atteint 129,58 dollars, tandis qu'à Londres il a bondi jusqu'à 127,90 dollars, profitant des craintes sur l'offre et de l'essor de la demande dans les pays émergents.

L'intransigeance de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui refuse d'ouvrir les vannes pour freiner l'envolée des prix, pousse les investisseurs à des achats massifs au moindre élément négatif pour l'offre de brut.

Le blocage d'un dépôt de carburant par des pêcheurs et l'annonce d'un mouvement de grève, qui pourrait affecter les approvisionnements du port de Lavera-Fos (près de Marseille), deuxième port européen pour les hydrocarbures avec 62,5 millions de tonnes transbordées par an, nourrissaient ainsi l'envolée mardi.

Le groupe Total, premier distributeur de carburants en France, a néanmoins indiqué qu'il alimenterait normalement ses stations-services. Les treize pays membres de l'Opep, qui détiennent les trois quarts des réserves mondiales, estiment que les marchés pétroliers sont bien approvisionnés et que les stocks de brut et d'essence sont à de bons niveaux.

Côté demande, la Chine aurait, selon des courtiers, accru ses importations de gazole pour alimenter la région du Sichuan frappée le 12 mai par un séisme. La Chine, deuxième consommateur mondial d'énergie, verrait aussi ses besoins pétroliers s'accroître à l'approche des jeux Olympiques.