Revenu à 60 dollars au début juillet alors qu’il avait grimpé à 147 dollars douze mois plus tôt, le baril de pétrole a confirmé lundi sa hausse entamée la semaine passée. Le marché prenant connaissance d’indicateurs "rassurants" concernant la Chine, la zone euro et les Etats-Unis, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a touché un plus haut depuis le 30 juin à 73,56 dollars après une forte remontée de l’euro. Même tendance à New York où il s’inscrivait dès l’ouverture de Wall Street à plus de 71 dollars.

La production manufacturière en Chine a connu en juillet sa plus forte hausse depuis un an, soutenue par la demande intérieure, nouveau signe d’une reprise selon les experts. En outre, l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier dans la zone euro s’est redressé encore plus que prévu en juillet, à son plus haut niveau depuis onze mois, ressortant à 46,3 points, contre 46 points dans une première estimation.

Dès vendredi, les prix du baril avaient été stimulés par les chiffres du ministère américain du Commerce montrant que le produit intérieur brut des Etats-Unis avait reculé de 1 % en rythme annuel au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, alors que les économistes tablaient sur une contraction de 1,5 %. Ces chiffres laissent espérer une possible reprise de l’économie des Etats-Unis, plus gros consommateur de brut au monde, et donc une éventuelle hausse de la demande en pétrole. Le conseiller économique de la Maison Blanche Lawrence Summers a jugé dimanche "très très probable" une reprise de la croissance aux Etats-Unis dans la deuxième moitié de l’année.

Un autre message a retenu l’attention : l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a peint un tableau relativement sombre de la production. La reprise économique est menacée par une "crise énergétique", la plupart des grands champs pétroliers ayant déjà passé leur pic de production, s’est inquiété lundi l’économiste en chef de l’AIE. Si cette "crise énergétique" intervenait dans les cinq prochaines années, elle pourrait compromettre la sortie de la crise économique, a estimé M. Birol dans un entretien au quotidien britannique The Independent. "Un prix du pétrole élevé, porté par une augmentation rapide de la demande, et une stagnation, voire un recul, de la production, risquent de faire dérailler la reprise", a-t-il ajouté.