Trois millions et demi ! C’est le nombre de surfeurs belges qui ont déjà créé un profil sur Facebook, le leader mondial des réseaux sociaux. Si on se réfère aux statistiques officielles d’Eurostat ou de l’ITU (International Telecommunication Union), cela signifie qu’un surfeur belge sur deux est membre de cette plate-forme. Aucun autre service Internet n’a probablement connu une croissance aussi fulgurante dans notre pays.

En termes de taux de pénétration de Facebook chez les internautes, la Belgique se place ainsi devant la France (45,9 6% de la population connectée), les Pays-Bas (18,5 %) ou l’Allemagne (17,28 %). En revanche, elle se classe derrière la Grande-Bretagne (62,8 %), l’Italie (57,73 %) ou l’Irlande (66,56 %), selon le site Check Facebook, qui s’amuse à collecter ces données pour la quasi-totalité des Etats de la planète.

A quoi ressemble la population belge inscrite sur le plus grand des réseaux sociaux ? L’outil publicitaire de Facebook, qui permet au tout-venant de créer un message promotionnel et de l’adresser à un groupe-cible taillé sur mesure, renferme une mine d’indications socio-démographiques à ce sujet.

Les jeunes adultes en force. Sans véritable surprise, les 18-34 forment 52,7 % de l’ensemble des membres belges. Un chiffre qui renvoie aux racines historiques de Facebook qui a été conçu, à l’origine, comme une sorte d’annuaire géant pour les campus américains.

Une copie (presque) conforme de la société belge. Côté groupes linguistiques, Facebook recense 42 % de francophones pour 58% de néerlandophones. Et les autres langues ? Un cercle restreint de 2 000 Belges pratiquent l’arabe, contre 350 000 qui se disent familiers avec l’anglais. Quant au niveau d’instruction, Facebook ne fournit guère de renseignements détaillés sur le parcours scolaire de ses membres. Sur la cible des "25 +", on apprend cependant que 174 000 Belges (dont 4 8% de femmes) affirment posséder un diplôme de niveau universitaire, soit 8, 2% de cette tranche d’âge et... autant que dans la population belge dans sa globalité.

Hommes et femmes à parité, célibataires en minorité. Les deux sexes sont présents quasiment à égalité sur Facebook, les hommes ne dépassant les femmes que de 19 000 unités. Plus surprenant: si on examine le segment des "18 +", les membres qui se déclarent "célibataires" ne représentent qu’environ 425 000 personnes, soit 14,65 % de cet échantillon. Une proportion qui brise, d’une certaine façon, l’image de repaire pour âmes en peine qui colle parfois à Facebook. Tout profit pour des sites de rencontres comme Rendez-Vous ou Meetic ? En outre, Facebook ne compte "que" 140Belges ayant indiqué la prostitution parmi leurs centres d’intérêt.

Sexe et foot devant la politique. Dernier détail piquant, 9 860 petits coquins ont placé le "sexe" dans leurs hobbies, tandis que 60 720 disent aimer le football. A comparer avec les... 4 500 internautes qui affichent des affinités avec la politique.

Attention, ces statistiques sont considérées comme "approximatives" par Facebook lui-même et doivent donc être prises avec le recul nécessaire. Elles montrent néanmoins que Facebook est devenu aujourd’hui un véritable phénomène de masse qui brasse toutes les strates de notre société. Pour cette raison, il y a fort à parier que ce réseau social sera, avec Apple et Google, un des trois grands acteurs qui vont dominer l’Internet dans les dix prochaines années. Et influer profondément sur la façon dont nous communiquons avec les autres.