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Le constructeur automobile allemand BMW a publié jeudi un bénéfice net en forte baisse de 28,7% au deuxième trimestre, sous l'effet de lourds investissements dans la voiture électrique, mais sa rentabilité se porte mieux qu'en début d'année.

Si le résultat net, avec 1,48 milliard d'euros, est inférieur aux attentes des analystes sondés par Factset (1,7 milliard d'euros), BMW a confirmé ses objectifs annuels: le constructeur s'attend à un "net recul" -- soit au moins 10% de baisse -- de son bénéfice avant impôts, déjà en baisse de 8,1% en 2018.

"L'environnement de plus en plus difficile et la concurrence toujours très féroce pèsent sur le développement des affaires", a expliqué Nicolas Peter, directeur financier. D'autant que "nous avons maintenu un haut niveau d'investissements" pour faire face à "l'évolution technologique", a-t-il ajouté.

De surcroît, la hausse des prix des matières premières et "les ambitieuses normes de CO2" européennes font "augmenter les coûts côté constructeur", indique BMW dans son communiqué.

Ces limites d'émissions plus strictes "sont un défi", auquel le groupe "est mieux préparé que ses concurrents premium", a assuré son patron Harald Krüger, lors d'une conférence téléphonique.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net s'est même vu divisé par deux en raison d'une provision de 1,4 milliard d'euros dans le cadre d'une enquête anticartel européenne comptabilisée au premier trimestre.

La Commission européenne a accusé début avril BMW, Volkswagen et Daimler de s'être entendus pour éviter de se faire concurrence sur les technologies réduisant les émissions polluantes.

Ventes moins rentables

Le chiffre d'affaires au deuxième trimestre a augmenté de 2,9% à 25,7 milliards d'euros.

"Nous avons de la croissance dans un marché mondial en baisse et très concurrentiel", s'est félicité M. Krüger, qui quittera le 16 août de manière anticipée son poste, critiqué pour avoir traîné dans l'électrification. Il sera remplacé par Oliver Zipse, actuel directeur de la production.

Les ventes sont cependant moins profitables sous l'effet des investissements, qui ont augmenté au deuxième trimestre de 39% à 1,2 milliard d'euros, et des coûts de recherche et de développement (+5,9% à 1,4 milliard).

La marge opérationnelle de sa branche automobile, très observée par les marchés, était de 6,5% pour la période contre 8,6% en 2018 -- mais il s'agit d'une amélioration par rapport au premier trimestre, où, hors effet exceptionnel de la provision, elle était ressortie à 5,6%.

Cette donnée devrait s'établir entre 4,5% et 6,5% en 2019, incluant 1,5 point de baisse due à la provision.

D'ici 2022, le groupe prévoit 12 milliards d'euros d'économies en réduisant la complexité de son offre tout en augmentant l'efficacité de ses opérations.

"Nous continuons de travailler intensément sur tous les leviers" et notamment "ces derniers mois sur les coûts des matériaux pour les modèles actuels" pour "assurer notre rentabilité", a expliqué M. Peter, sans vouloir donner de prévision quant au retour à des marges entre 8% et 10%, soit l'objectif stratégique à long terme.

A la Bourse de Francfort, le titre du constructeur était en hausse de 1,21% à 67,64 euros dans un Dax en hausse de 0,30% vers 13h.