Jamais dans l'histoire de l'aviation commerciale, un avion n'avait pas été autorisé à voler pendant aussi longtemps (20 mois) par les autorités compétentes. Il est apparu que les deux crashs aériens étaient dus à un système de sécurité défaillant, qui poussait chaque fois le nez de l'avion vers le bas. Ce défaut a été corrigé par une mise à jour du logiciel.

La FAA a finalement donné son approbation à la reprise des vols après avoir réalisé à des tests approfondis. Les compagnies aériennes doivent à présent mettre à jour leurs logiciels et former à nouveau les pilotes. Ce qui prendra au moins trente jours.

Cet aéronef, qui était la locomotive des ventes de Boeing avant ses déboires, ne va toutefois pas retourner dans l'immédiat dans le ciel mondial: les autorités de l'aviation civile d'autres pays ont décidé de procéder elles-mêmes à leur propre certification.

Le régulateur européen de l'aviation EASA avait ainsi annoncé en octobre que le Boeing 737 MAX était sûr mais que certaines démarches administratives devaient encore être remplies. Son directeur Patrick Ky avait ensuite estimé que l'avion serait probablement autorisé à voler à nouveau avant la fin de l'année dans le ciel européen.

Le régulateur aérien aux Etats-Unis précise par ailleurs dans son communiqué mercredi qu'il doit encore approuver la formation nécessaire pour les pilotes avant tout vol du Boeing 737 MAX dans le ciel américain. La compagnie American Airlines a néanmoins déjà prévu un vol fin décembre.

Southwest Airlines, lui, qui possède la plupart des avions, déclare qu'il faudra peut-être même des mois avant qu'il ne réponde aux exigences de la FAA et qu'il ne prévoit pas de voler à nouveau avec le 737 MAX avant le deuxième trimestre 2021.

Quant au voyagiste allemand TUI, il a annoncé qu'il faudra peut-être un certain temps avant que les Boeing 737 MAX de ses différentes compagnie aériennes, dont la belge TUI fly, puissent être utilisés à nouveau.

La décision des autorités américaines d'autoriser le Boeing 737 MAX à voler de nouveau est une "étape importante", a estimé mercredi le constructeur aéronautique, assurant être prêt à travailler avec les régulateurs du monde entier pour un retour rapide de cet avion dans le ciel mondial.

"Ces événements et les leçons que nous en avons tirées ont remodelé notre entreprise et concentré davantage notre attention sur nos valeurs fondamentales de sécurité, de qualité et d'intégrité", a ajouté le patron de Boeing David Calhoun, cité dans le communiqué.

L'immobilisation au sol de l'avion a coûté des milliards de dollars à Boeing, a perturbé la chaîne d'approvisionnement et a donné lieu à des enquêtes qui ont conclu à un manque de transparence et à une surveillance inadéquate de la part de Boeing et de la FAA pendant le développement du 737 MAX. Une enquête criminelle est toujours en cours.

Le Boeing 737 MAX fera en tous les cas son retour dans un secteur frappé de plein fouet par la pandémie. Avec des compagnies aériennes aux finances mal en point et un trafic en berne, Boeing a perdu au total 393 commandes sur les dix premiers mois de l'année.

Il va néanmoins reprendre ses livraisons, ce qui lui permettra d'être payé et de renflouer ses caisses. Le constructeur de Seattle a actuellement 450 appareils en stock.

Il reste à voir comment les passagers réagiront au retour des ces aéronefs. Selon certains observateurs, la désignation "MAX" pourrait éventuellement disparaître du nom de l'avion.

© AFP