Le Brabant Wallon est la région d'Europe où il y a la plus forte concentration d'universitaires, devant Bruxelles, Paris ou Londres, souligne une étude publiée lundi par Eurochambres. La fédération européenne des chambres de commerce classe en effet la province wallonne au top du classement de son Atlas de compétitivité régionale 2008, dans le domaine de l'éducation.

Près de 45,5 pc des Brabançons en âge de travailler ont accompli des études de type universitaire ou un doctorat, contre 43,3 pc dans la ville de Londres, 41,8 pc au Pays Basque, 41 pc dans la région bruxelloise, 40,6 pc au Brabant Flamand et 38,3 pc en Ile-de-France.

La Corse "monte"

L'éducation est considérée par Eurochambres comme un indicateur clé pour attirer les investissements d'autant plus que "l'Europe est depuis un certain temps passée d'une économie industrielle à une économie de services basée sur la connaissance".

La Corse (+15 pc), la province du Luxembourg (+5 pc), qui bénéficie de la place financière luxembourgeoise, fragilisée par la crise actuelle, et les Cornouailles (+4 pc) sont les trois régions européennes où cet indicateur a le plus progressé.

Londres améliore son score et si elle continue sur sa lancée, la capitale britannique dépassera bientôt le Brabant Wallon.

Six critères retenus

Les autres indicateurs retenus par Eurochambres sont l'évolution du PNB par habitant, le taux d'emploi, le ratio de brevets d'invention, les facilités de transport et la capacité à importer et exporter. Le Brabant Wallon est moins bien classé dans ces autres domaines. Son taux d'emploi de 60,9 pc est dépassé par des régions plus actives au Royaume-Uni, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Son ratio de brevets d'invention est honorable à la 33e position, mais se place loin derrière les régions allemandes, comme la Haute-Bavière, et l'étonnante province néerlandaise du Nord-Brabant.

Les "petites Chines"

De façon générale, les auteurs du rapport mettent en avant le développement accéléré de "petites Chines" en Europe, surtout dans les anciens pays de l'Est qui comblent rapidement leur retard sur les pays ouest européens.

Ces régions connaissent des taux de croissance importants qui peuvent être masqués par les chiffres nationaux, qui tiennent compte des vieilles régions industrielles de l'époque soviétique. Neuf des dix régions où la croissance a été la plus forte se trouvent dans des pays entrés récemment dans l'Union européenne. "Un exemple : en 2005, la région de Bratislava en Slovaquie a montré la plus forte croissance, avec un accroissement de 15 pc du PNB. C'est un résultat impressionnant, tenant compte du fait que la performance de la Chine, cette année-là, n'était 'que' de dix pourcent", estime Pierre Simon, le président d'Eurochambres.

Une bonne infrastructure de transport, un taux d'imposition uniforme de 19 pc sur les revenus des entreprises, des salaires moyens de 560 euros par mois, et la présence de quelques locomotives comme Volkswagen qui tirent vers le haut l'industrie automobile expliquent la réussite de la capitale slovaque. "On nous parle beaucoup de la crise du m arché automobile, mais nous n'observons pas de problème particulier sur la hausse de la production", avance le directeur UE de la Chambre de Commerce de Bratislava, Juraj Pal'a, cité dans le rapport.

L'avantage géographique

D'autres régions de l'Europe centrale et orientale ont aussi percé, comme la région de Bucarest-Ilfov qui a connu en 2005 une croissance de 14,6 pc, la Lettonie (+10,6 pc), la province de Yugoiztochen en Bulgarie (+10, 5 pc) ou l'Estonie (+10,2 pc).

Chacune a ses secrets. La région de Yugoizotchen, sur les bords de la Mer Noire, vient de loin, mais elle se développe grâce à sa position centrale proche de la Turquie, à la présence d'un aéroport international et d'un complexe pétrochimique. Signe qui ne trompe pas : l'armée américaine s'y est installée...