Le pdg de Gaz de France (GDF), Jean-François Cirelli, a écrit, jeudi, à son homologue de Suez, Gérard Mestrallet, lui répétant sa volonté de voir leur projet de fusion aboutir, a-t-on appris de source proche du dossier, alors qu'un conseil d'administration de Suez se penchera, vendredi, sur ce sujet. M. Cirelli a notamment affirmé à M. Mestrallet que le projet de fusion entre les deux groupes "était le meilleur possible", selon cette source, et qu'il était "convaincu qu'il fallait aller de l'avant pour aboutir dans les plus brefs délais dès le début 2007".

Un conseil d'administration de Suez doit se tenir vendredi. Il évoquera l'avenir de ce projet commun, alors qu'une décision du Conseil constitutionnel, rendue la semaine dernière, rend impossible de boucler totalement la fusion avant l'ouverture totale du marché de l'énergie à la concurrence, prévue le 1er juillet. Le Conseil a permis aux deux groupes de fusionner, mais la privatisation de GDF, nécessaire pour ce projet, ne pourra être effective que le 1er juillet, soit après les élections présidentielle et législatives. Cela fait planer une incertitude de nature politique étant donné l'opposition de la gauche au projet et les réticences d'une partie de la droite. Selon différentes sources, les membres du conseil d'administration de Suez s'interrogent sur la poursuite du projet dans ces conditions incertaines. M. Cirelli affirme ainsi son soutien à M. Mestrallet, qui est toujours partisan de la fusion et sortirait affaibli en cas d'échec, mais exprime aussi son souhait que cela se fasse rapidement, alors que le conseil de Suez pourrait décider de temporiser, selon différentes sources proches du dossier.

Le quotidien français "La Tribune" affirme même que plusieurs administrateurs de Suez pourraient demander que l'on examine d'autres pistes. D'après le journal, le financier belge Albert Frère aurait d'ailleurs récemment eu des contacts avec le groupe italien Enel. (D'après AFP)