Le CEO de bpost, Jean-Paul Van Avermaet, doit faire la clarté sur sa situation cette semaine devant le conseil d’administration de l’entreprise publique, et notamment sur sa capacité à se rendre en Amérique du Nord, a indiqué mardi le ministre des Télécoms et le Poste, Philippe De Backer (Open VLD), devant la commission des Entreprises publiques de la Chambre suite à une question posée par le député Ecolo, Gilles Vanden Burre.

Enquête aux Etats-Unis

Pour rappel, Jean-Paul Van Avermat est concerné par une enquête de l’Autorité belge de la concurrence, qui suspecte une entente illégale sur les prix entre différentes sociétés de sécurité et de gardiennage dont G4S (avec Securitas et Seris), qu’il dirigeait auparavant. Une enquête est aussi menée par le ministère américain de la Justice, avec d’importantes conséquences pour le patron et son entreprise. M. Van Avermaet pourrait être empêché de se rendre aux États-Unis car il risque d’y être arrêté pour être interrogé par le FBI.

Principes de gouvernance

En préambule à ses réponses, Philippe De Backer a rappelé deux principes de base concernant la gouvernance de bpost (comme celle du reste Proximus, autre entreprise publique cotée). Un : le CEO n’est plus désigné par arrêté royal (comme dans d’autres entreprises publiques telles que la SNCB) mais par le conseil d’administration. Deux : la séparation des pouvoirs fait en sorte que le ministre compétent n’a pas à être prévenu des instructions en cours. “Jean-Paul Van Avermaet est, jusqu’à nouvel ordre, présumé innocent. Dans une démocratie, on ne va pas chercher les gens dans leur lit pour les décapiter” a-t-il commenté. Et de confirmer qu’il a pris connaissance des enquêtes en cours, tant en Belgique qu’aux Etats-Unis, par les journaux, tout comme apparemment le conseil d’administration.

“Faute grave”

Le ministre a toutefois rappeler que si M. Van Avermaet, qui dit “jouer carte sur table”, ne donne pas toutes les informations demandées, cela pourrait être une “faute grave”.

“Le fait que le ministre compétent et le conseil d’administration n’aient pas été informés pose question. Monsieur le ministre, vous avez raison de rappeler le principe de la présomption d’innocence. Mais M. Van Avermaet est-il encore en capacité de diriger une entreprise employant plus de 30 000 personnes et confrontée à de nombreux défis?”, a commenté Gilles Vanden Burre.