C'est officiel. Karel Van Eetvelt, le patron de la fédération du secteur financier Febelfin, a annoncé ce mardi son intention de mettre fin à son mandat le 31 mars prochain. Il rebondira le lendemain dans le monde sportif à la tête du RSC Anderlecht.

Le conseil d’administration de Febelfin a accepté la démission de son CEO après deux années et demi de "collaboration intense et fructueuse".

"Febelfin a traversé une transformation importante au cours des derniers deux ans et demi. Le secteur fait en effet face à de grands défis : apporter une réponse adéquate aux attentes évolutives des consommateurs, tout en trouvant un équilibre approprié entre un cadre réglementaire fort et clair, qui laisse suffisamment de place aux membres pour s’adapter et devenir des opérateurs plus digitaux et actuels", a remis en contexte par voie de communiqué Johan Thijs, Président de Febelfin. Et de préciser: "nous devons porter attention à tous ces aspects et tendre vers un contexte plus efficace et praticable pour nos membres. Celui ou celle qui prendra la suite de Karel veillera à concrétiser et réaliser cette stratégie et cette vision."

Changement d'équipe

La formation du RSCA se voit chamboulée. Le club de football revoit complètement son organigramme, avec donc un nouveau CEO, mais également de nouveaux administrateurs indépendants et un conseiller. Michael Verschueren conserve quant à lui son rôle de directeur sportif, indique le Sporting.

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, et Patrick Lefevere, patron de la Deceuninck Quick-Step (cyclisme) deviennent administrateurs indépendants. L'ancien journaliste sportif et entrepreneur Wouter Vandenhaute sera quant à lui consultant externe pour conseiller le nouveau CEO.

L'objectif de Marc Coucke est évidemment de redresser au plus vite la situation du club, après des débuts mouvementés pour le nouveau président des Mauves.

"Avec ces décisions, nous voulons renforcer le fonctionnement opérationnel et la position stratégique du club afin de rendre Anderlecht plus efficace et décisif", a expliqué Coucke.

Pour la petite histoire, rappelons que Karel Van Eetvelt, licencié à la base en éducation physique, avait siégé au conseil d'administration d'Omega Pharma, où il avait rencontré Marc Coucke.

"Mon expérience dans le football se limite aux années où j'ai moi-même joué activement. Mais je restructure et dirige une organisation depuis des années avec passion et dynamisme. C'est un défi particulier de le faire pour Anderlecht. Je suis convaincu que nous pouvons à nouveau fournir au club la stabilité nécessaire", a déclaré Van Eetvelt.

Le président Coucke estime pouvoir désormais "moderniser structurellement et (le) remettre stratégiquement et sportivement sur la voie du sommet du football belge."

Banquier plutôt que ministre

Lorsqu'il avait pris ses fonctions chez Febelfin fin 2017, Karen Van Eetvelt n’avait aucune expérience dans la finance, mais il avait d’autres atouts pour représenter les banquiers. (Relire notre portrait à l'époque)

Il est avant tout un homme de réseaux, un homme rompu à la négociation, un homme qui s’est toujours intéressé à la chose publique. Il a baigné dedans dès son plus jeune âge, lui qui vient d’une famille d’hommes politiques du CVP (ex-CD&V).

Une fois le diplôme en poche, pas question de devenir professeur d’éducation physique. C’est l’ancien ministre-Président du gouvernement flamand, Gaston Geens (CD&V), qui l’a aidé à trouver sa voie. Quelques mois après avoir travaillé pour lui, il entre à la fédération flamande de la construction Bouwunie.

Il y travaillera pendant 12 ans avant d’être nommé, en 2004, CEO de l’Unizo, la fédération patronale flamande.

Il entrera 13 ans plus tard dans un secteur qu’il ne connaît pas, la finance, mais avec un bagage en matière de concertation sociale, lui qui a été courtisé par "au moins trois partis" politiques flamands et qui a même reçu "une proposition de devenir ministre".