Le voyagiste pourrait céder ses activités de tour-opérateur au groupe chinois Fosun, déjà actionnaire majoritaire.

Le voyagiste britannique Thomas Cook, qui connaît de graves difficultés financières, a annoncé lundi mener des discussions avec le chinois Fosun en vue d’une possible cession de son activité de tour-opérateur.

Thomas Cook, "confirme être en discussions avec Fosun après avoir reçu une approche préliminaire", mais "il n’est pas certain que cette approche débouchera sur une offre formelle", selon un communiqué publié en réponse à des informations de presse.

La presse britannique évoque depuis des semaines l’hypothèse d’une offre du chinois, premier actionnaire de Thomas Cook avec 17 % du capital. Fosun, déjà propriétaire du Club Med, ne vise que les activités de tour-opérateur et pas la compagnie aérienne de Thomas Cook, l’autre grande activité du groupe britannique, qu’il a déjà mise en vente.

Les règles européennes empêchent en effet un actionnaire non européen de détenir majoritairement une compagnie aérienne.

Thomas Cook, société née il y a 178 ans, se dirigerait vers une scission, ce qui lui permettrait de sortir de l’ornière alors qu’il est confronté à des conditions de marché particulièrement difficiles et à une dette élevée.

Le groupe avait annoncé une spectaculaire perte nette de près de 1,5 milliard de livres au cours du premier semestre (achevé fin mars).

Montagnes russes

Le titre était en forte hausse à la Bourse de Londres, son cours remontant à 19 pence. C’est en soi une belle remontée sur le dernier mois, Thomas Cook ayant touché le fond le 20 mais dernier avec un cours de 8,2 pence, contre 23,61 à peine cinq séances plus tôt. Mi-mars, le titre flirtait encore avec les 33 pence. Voilà un an, l’action Thomas Cook se traitait à 141,9 pence.

Cette mauvaise passe financière au cours des derniers mois a conduit Thomas Cook à envisager une vente de sa compagnie aérienne pour financer sa montée en gamme dans l’hôtellerie, ce qui alimente depuis les spéculations sur l’avenir du groupe, un pionner du secteur né il y a près de 180 ans.

La valeur a littéralement fondu sur les douze derniers mois, ce qui semble montrer que le modèle d’activité ne marche pas et une vente d’actifs non stratégiques pourrait aider le groupe.

Déconvenues

Thomas Cook a multiplié les déconvenues récemment, avec trois avertissements sur résultats lancés en 2018 et l’annonce d’une perte pour son exercice 2017-2018.

Le voyagiste avait souffert en particulier de la vague de chaleur en Europe l’été dernier, qui a poussé les touristes potentiels à rester chez eux plutôt que de voyager vers les habituelles destinations ensoleillées, le tout dans un secteur très concurrentiel en Europe.

"Il fait peu de doutes que le processus du Brexit a conduit de nombreux clients britanniques à repousser leurs projets de vacances pour cet été", entraînant une baisse des réservations, avait expliqué voilà quelques semaines le directeur général de Thomas Cook, Peter Fankhauser.

Thomas Cook a par ailleurs annoncé en mars la suppression de 320 emplois et la fermeture d’une vingtaine d’agences au Royaume-Uni, où son réseau souffre de l’essor des achats de voyages en ligne. Les ventes en ligne ont représenté 64 % des réservations au Royaume-Uni l’an dernier chez Thomas Cook.