L'Office national de l'emploi a présenté ce jeudi après-midi son rapport annuel 2018. C'est une tradition bien établie. Autour de la mi-mars, l'Onem dresse l'état de la situation de l'emploi lors de l'année écoulée dans notre pays. Un rapport qui fourmille de données et de graphiques.

Que retenir de cette édition ?


1. Le chômage complet continue à baisser

En 2018, comme les années précédentes, le chômage indemnisé a continué de diminuer, de façon un peu plus soutenue qu'en 2017. Le nombre de chômeurs complets indemnisés est passé sous la barre des 450.000 (438.477 exactement). Ce n'était plus arrivé depuis 1981. L'an dernier, il a baissé de 48.814 unités, soit une réduction de 10%.

Cette diminution vaut tant pour les chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi (leur nombre est passé à 348.221, soit un recul de 6,8%) que pour les non-demandeurs d'emploi, c'est-à-dire essentiellement les personnes en RCC (ex-prépension, -14,6%) et les chômeurs âgés (-37,1%) , qui sont dispensés de chercher un job.

L'Onem pointe trois raisons principales pour expliquer cette nouvelle baisse du chômage. D'abord, une croissance économique modérée (1,4%), qui a permis la création de 59000 emplois en 2018. Ensuite, un effet démographique : ces dernières années, la population active et la population en âge de travailler ont moins augmenté qu’auparavant et les départs à la pension sont plus nombreux . Enfin, plusieurs réformes ont été menées, notamment la limitation à maximum trois ans du droit aux allocations d'insertion, qui a provoqué l'exclusion de nombreux chômeurs.

À noter que le nombre total de chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi a diminué dans les trois régions. C'est la Région flamande qui enregistre la diminution la plus importante (8,4%) ; vient ensuite la Région wallonne (7,4%) puis la Région de Bruxelles-Capitale (1,9%).

© ipm


2. Le chômage temporaire a également diminué

Le chômage temporaire a diminué de 7,2% en 2018. Plus particulièrement, le nombre de jours de chômage temporaire pour manque de travail pour raisons économiques (qui reflète le mieux l'évolution de la conjoncture) a connu, pour la sixième année consécutive, une diminution en 2018 (11,5%).


3. Le crédit-temps en baisse, les congés thématiques en hausse

Le nombre de travailleurs en interruption de carrière (dans le secteur public) ou en crédit-temps (dans le secteur privé) a diminué l'an dernier (voir infographie). Par contre, le recours aux congés thématiques (essentiellement le congé parental, mais aussi le congé pour assistance médicale ou soins palliatifs) a augmenté (+2,5%).

© ipm


4. Un taux d'emploi encore trop faible, surtout en Wallonie et à Bruxelles

Vu la croissance attendue (1,3% selon le bureau du Plan), l'évolution de la population active et l'effet des réformes, l'Onem estime que le nombre de chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi devrait encore diminuer en 2019, mais sans doute de façon moins prononcée qu'en 2018. Et l'Onem de pointer les incertitudes qui planent sur l'économie mondiale : Brexit, tensions commerciales,…

L'Onem constate également que notre taux d'emploi reste trop faible. Le taux d'emploi, c'est le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler. Malgré les progrès enregistrés, on reste, avec un taux de 69,2% (en 2018), très éloigné de l'objectif de 73,2% en 2020 fixé pour la Belgique dans le cadre de la stratégie européenne en matière d'emploi. Cela dit, à ce niveau, on remarque de grosses différences régionales. En Flandre, en 2017, le taux d'emploi des 20-64 ans était de 73,0%. En Wallonie, il était de 63,2% et à Bruxelles, de 60,8%. La Flandre s'est d'ailleurs assigné un objectif propre de 76,0% en 2020.