Le couvercle de la marmite sociale va-t-il exploser à bpost ? Entre le syndicat chrétien CSC/ACV et la direction, le climat est en tout cas très tendu depuis deux semaines. En cause, des griefs formulés par le syndicat concernant le bien-être au travail qui ne seraient pas rencontrés par le management. 

Le 26 janvier, la CSC/ACV avait claqué la porte de la commission paritaire et déposé un préavis de grève d'une durée d'un mois. Le 3 février, le personnel affilié au syndicat chrétien avait débrayé. Lundi, c'était au tour des travailleurs du bureau de distribution d'Uccle ; ce mardi, une bonne partie du personnel du bureau de Soignies a également arrêté le travail. La direction de bpost avait fait savoir à quel point elle était mécontente de cette rupture du dialogue social avec la CSC et des actions de grève spontanées.

Ce mardi, le syndicat chrétien a riposté avec l'envoi d'une lettre ouverte à Koen Van Gerven, le CEO de bpost. «Nous nous devons de vous signifier notre incompréhension face à votre communication et à l’attitude agressive de votre management durant ces derniers jours. Alors que vous nous reprochez d’avoir quitté la table des négociations, bpost persiste à faire la sourde d’oreille à des demandes légitimes visant à améliorer le bien-être du personnel. Lorsque nous faisons le bilan des résultats engrangés par la concertation sociale méthode bpost sur les points repris dans notre préavis de grève renouvelé chaque mois depuis le 6 juin 2016, vous obtenez la note de 5/20. Si les résultats financiers de bpost étaient de cet ordre, adieu bonus et dividendes. L’entreprise serait en route pour la faillite», écrivent Stéphane Daussaint et Annick Boon, respectivement responsables de la branche francophone et flamande du syndicat.

Plus loin, on peut lire : «La liste des bureaux où la tension est plus que palpable s’allonge chaque semaine ainsi que le risque de nouvelles actions spontanées. [...] Le personnel n’arrête jamais le travail par plaisir et ce ne sont pas quelques syndicalistes de l’ACV-CSC qui agitent les travailleurs sans motif. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons passé plus de temps à calmer les agents que l’inverse. Mais leur patience à ses limites et leur demander d’en supporter plus et plus longtemps dans certains domaines frôle l’indécence.»

La CSC/ACV réclame ensuite la reprise d'un «vrai dialogue social visant le bien-être pour l'ensemble du personnel» et que l'entreprise prenne «les problèmes de [ses] gens à bras le corps» sans quoi «un retour au calme dans les bureaux des différentes unités de l’entreprise est peu probable pour les prochaines semaines.»