Le constructeur automobile germano-américain DaimlerChrysler a annoncé mercredi qu'il allait supprimer 13 000 emplois d'ici 2009 dans sa filiale américaine Chrysler, soit 16 pc des effectifs. La restructuration se traduira par une fermeture d'usine à Newark (Delaware). Le plan social est plus lourd que prévu car la presse américaine avait fait jusqu'ici état de 10 000 suppressions d'emplois. Chrysler fait les frais de la concurrence asiatique aux Etats-Unis et d'une gamme inadaptée, centrée sur les 4x4 et autres pick-ups alors que les automobilistes se tournent progressivement vers des véhicules moins gourmands en énergie. C'est la deuxième fois que DaimlerChrysler taille dans les effectifs de sa filiale en difficultés. Sur la période 2000-2005, il a déjà réduit les effectifs de 40 000 postes. La nouvelle cure d'austérité pourrait bien n'être qu'une première étape. DaimlerChrysler a annoncé tôt dans la matinée en Allemagne qu'il examinait "toutes les options" pour sa filiale, laissant la porte ouverte à une cession.

Sur le plan financier, la nouvelle restructuration aura un impact négatif "jusqu'à un milliard" d'euros sur l'exercice 2007 de Chrysler. D'ici 2009, elle devrait permettre d'améliorer le résultat financier de la filiale de 3,5 milliards d'euros, a précisé le groupe. Chrysler va réduire par ailleurs la production de 400 000 unités par an dans ses usines en Amérique du Nord. Pour redresser la barre, il veut lancer des voitures plus petites et développer des alliances et des partenariats sur le modèle de ce qu'il fait déjà en Amérique du Nord avec Volkswagen sur le segment des minivans. Selon des chiffres publiés parallèlement mercredi, Le bénéfice net a atteint 3,2 milliards en 2006 en hausse d'un peu plus de 14 pc et le bénéfice d'exploitation 5,517 milliards (+ 6,4 pc). Le chiffre d'affaires est en légère hausse (+ 1 pc) à 151,6 milliards. Chrysler a toutefois essuyé une perte d'exploitation de 1,1 milliard d'euros l'an dernier, plus lourde que prévu.

Les déboires de Chrysler ont pesé sur le quatrième trimestre. Le bénéfice net du groupe a chuté de moitié à 577 millions pour un chiffre d'affaires en baisse à 40,66 milliards. Seuls vrais motifs de satisfaction dans ce tableau plutôt noir, la filiale haut de gamme Mercedes Car Group confirme son redressement avec un bénéfice d'exploitation de 2,4 milliards contre une perte de 505 millions en 2005. La filiale poids-lourds affiche toujours une santé éclatante avec un bénéfice d'exploitation en forte hausse à 2 milliards d'euros. Malgré les difficultés, DaimlerChrysler mise sur une légère hausse des ventes unitaires sur l'exercice en cours et un chiffre d'affaires "au moins" au niveau de l'an dernier. La rentabilité devrait "progresser nettement" entre 2007 et 2009. (AFP)