La pilule contraceptive Estelle, développée par la firme liégeoise Mithra Pharmaceuticals, a reçu l’approbation des autorités canadiennes pour une mise sur le marché d’ici cet été. Une première mondiale et surtout une bonne nouvelle pour l’entreprise, dont le fondateur François Fornieri a dû faire un pas de côté le temps de régler les quelques histoires judiciaires qui le concernent. La nouvelle aura également rassuré les investisseurs puisque le cours de l’action a frôlé une hausse de 10% peu de temps après l’ouverture de la Bourse à la suite de l’annonce et a clôturé sur une hausse de 7,11% à 21,40 euros en fin de journée.

Le produit sera commercialisé sous la marque “Nextstellis”, précise l’entreprise. “Il s’agit du premier et seul produit contraceptif oral combiné basé sur l’œstrogène natif unique Estetrol. La nouvelle pilule contraceptive sera commercialisée par le partenaire canadien de Mithra, Searchlight Pharma”, a-t-elle détaillé.

“Bien que le choix en matière de contraceptif s’améliore pour les femmes au Canada, nous n’avons encore que des options limitées par rapport aux autres pays développés”, a commenté pour sa part Amanda Black, professeure d’obstétrique et de gynécologie à l’Université d’Ottawa. “Pour cette raison, l’approbation d’une nouvelle option contraceptive supplémentaire au Canada est plus que bienvenue. Au-delà du simple choix supplémentaire qui donne encore plus de moyens aux femmes, il y a un enthousiasme certain à l’idée de disposer de contraceptifs potentiellement plus sûrs sur le marché, et Nextstellis est l’un de ces produits. De nombreuses données cliniques sur son innocuité devraient rassurer les médecins comme les patientes”, déclare-t-elle.

“Hautement symbolique”

“Les contraceptifs oraux combinés restent la méthode de contraception hormonale la plus courante au Canada et dans le monde”, ajoute pour sa part Dustin Costescu, professeur agrégé et spécialiste de la planification familiale de l’Université McMaster au Canada. “D’où l’importance d’innover en permanence et de développer des produits qui répondent aux besoins actuels des patientes et de leur famille. Depuis l’invention de la pilule contraceptive, il est reconnu qu’il existe un faible risque de thromboembolie veineuse. La science a pu réduire la dose au minimum, mais a atteint une limite. Il est temps de changer d’hormone”, conclut-il.

“Cette approbation, en plus d’être la première, est hautement symbolique, puisqu’elle survient en cette Journée internationale des femmes”, ajoute le CEO de Mithra, Leon Van Rompay. “Le Canada est l’un des marchés les plus importants au monde et cette approbation ouvre la porte à la commercialisation d’un produit qui représente, selon nous, une nouvelle ère dans le secteur de la santé féminine et de la contraception en particulier. Nous sommes impatients d’obtenir les prochaines approbations en Europe et aux États-Unis attendues au premier semestre de 2021”, a-t-il enchéri.

Les révisions des agences réglementaires se poursuivent par ailleurs aux États-Unis et en Europe, avec des autorisations de mise sur le marché attendues au premier semestre de 2021.