Alex Kearns, un étudiant de 20 ans, a mis fin à ses jours le 12 juin 2020 après avoir découvert que son compte sur Robinhood affichait un solde négatif de plus de 730.000 dollars. Il y achetait et vendait des options - des produits financiers assez complexes et hautement spéculatifs. "Cette affaire se concentre sur les tactiques et la stratégie agressives employées par Robinhood pour attirer les investisseurs inexpérimentés et non avertis, comme Alex, pour qu'ils prennent de gros risques avec l'attrait de bénéfices alléchants", affirme la plainte déposée par les parents et la soeur de M. Kearns devant un tribunal de Santa Clara en Californie.

Selon le document, le jeune homme ne devait pas cet argent mais était trop inexpérimenté pour comprendre le relevé envoyé par Robinhood. Il a bien cherché à contacter le service client du courtier en ligne trois fois en quelques heures mais n'a reçu que des réponses automatiques, affirme la plainte.

Il s'est alors retrouvé dans un état de "panique complète", persuadé qu'il devait rembourser l'intégralité de la somme évoquée par Robinhood. Sa famille réclame le versement de dommages sans spécifier de montant.

Dans un message transmis à l'AFP, une porte-parole de Robinhood affirme que la société a été "dévastée" par le décès du jeune homme et assuré avoir par la suite amélioré son offre, notamment en apportant plus de conseils. "Nous restons déterminés à faire de Robinhood un lieu pour apprendre et investir de manière responsable", a affirmé la porte-parole.

Robinhood est actuellement sur la sellette pour son rôle dans une toute autre affaire: la frénésie spéculatrice autour de certains titres comme GameStop, une chaîne de magasins de jeux vidéo dont l'action a récemment flambé et fait trembler au passage des fonds spéculatifs. Inondé de demandes, Robinhood a dû renforcer en urgence ses fonds propres pour, conformément aux règlements boursiers, fournir un certain dépôt de garantie.

Mais en attendant de pouvoir lever au total 3,4 milliards de dollars, il a dû temporairement limiter les transactions sur certains titres, poussant certains utilisateurs de la plateforme à déposer une plainte en nom collectif.