A l'instar des prix du pétrole et des métaux précieux, ceux des métaux de base sont littéralement survoltés depuis une quinzaine de jours, les fonds d'investissement, principalement spéculatifs, ayant effectué leur grand retour dans un marché stimulé par l'appétit de la Chine et l'instabilité de l'offre minière.

Mercredi à Londres, le cuivre, le zinc et le nickel ont à nouveau progressé vivement, les deux premiers enregistrant des records historiques, le troisième touchant un seuil jamais atteint depuis plus de 17 ans. Sur le London metal exchange, premier marché mondial des métaux non ferreux, le contrat à trois mois de cuivre a ainsi touché 6 033 dollars la tonne lors des échanges électroniques, soit le plus haut niveau depuis la cotation du métal rouge!

«C'est parti pour durer»

Le cuivre a été imité par le zinc qui a enregistré un nouveau record à 2 995 dollars la tonne. Depuis la mi-mars, cuivre et zinc ont progressé respectivement de 20 et 25 pc. Le premier, utilisé dans le bâtiment, l'alimentation électrique ou la plomberie, avait déjà vu son cours bondir de 50 pc en 2005. Quant au nickel, en atteignant le seuil symbolique de 18 000 dollars la tonne, il a rejoint ses niveaux de février 1989. L'étain a également enregistré une nette progression pour se hisser à ses niveaux d'il y a un an et demi environ, près des 9 000 dollars la tonne.

A l'origine de cette nouvelle flambée des cours: le repli du dollar, synonyme d'un moindre prix pour ces produits libellés en devise américaine. Auquel il faut ajouter la multiplication des problèmes de production, touchant en premier lieu le cuivre, sans oublier les signes d'une demande toujours vive, particulièrement en Chine. Le coût élevé de l'énergie et son potentiel inflationniste séduisent également les investisseurs, à la recherche de placements alternatifs aux actions et immunisés, comme les métaux, contre le risque de dépréciation des capitaux.

La demande mondiale de métaux devrait progresser de 5 à 6 pc cette année, selon la Société Générale, dont une croissance de plus de 10 pc en Chine et une forte augmentation en Inde et au Brésil. Aux Etats-Unis et en Europe, la reprise de la croissance économique promet aussi une consommation solide de métaux. Or les stocks sont en chute libre et la production ne cesse d'être interrompue.

«Les prix élevés sont bien partis pour durer plus longtemps que le marché le pense», estiment les analystes de Morgan Stanley alors que selon la banque Barclays, les investissements dans les matières premières pourraient dépasser 120 milliards de dollars d'ici 2008, contre 80 milliards actuellement.

© La Libre Belgique 2006