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Le débat sur le droit de grève relancé

M.Bs (avec Belga et Reuters)

Publié le - Mis à jour le

Septante pour cent de "non" chez Aviapartner, 58 pc de "non" chez Flightcare : le personnel des deux sociétés de service aéroportuaire qui perturbe le trafic de l'aéroport de Zaventem, en manifestant sa colère depuis dimanche soir, a rejeté les propositions de la direction lors des référendums organisés mardi après-midi. Selon les syndicats qui avaient accepté d'en présenter la teneur, ce rejet prouve la rupture de confiance du personnel vis-à-vis des directions. Il fallait deux tiers de "non" pour continuer la grève. Raison pour laquelle les syndicats de Flightcare ont appelé à reprendre le travail. Reste à voir dans quelle mesure les travailleurs, échaudés, suivront leur recommandation.

Toujours au centre des discussions : les conditions de travail des bagagistes. Entre autres revendications : du personnel supplémentaire et des incitants financiers.

Pour tenter de trouver une issue à la crise, la vice-première ministre et ministre de l'Emploi, Joëlle Milquet (CDH), a annoncé la désignation d'un conciliateur social en la personne d'André De Gieter, le président de la Commission paritaire du Transport. Avant elle, d'autres politiques avaient exprimé leur souhait d'une issue rapide pour que l'aéroport retrouve son cours normal d'activités, insistant sur les conséquences très néfastes des actions en cours. C'est la deuxième grève qui frappe l'aéroport bruxellois cette année. En 10 ans, seul l'aéroport d'Anvers en a d'ailleurs été épargné.

Le débat s'engage également sur le plan politique. Dans une interview publiée hier par le "Standaard", le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe (CD&V), déclare vouloir "casser le duopole de bagagistes". Il s'en prend aux syndicats et à la direction ("J'entends les syndicats dire qu'ils avaient vu venir le mouvement. Ils auraient pu déposer un préavis de grève", et "Je trouve aussi irresponsable que toute la direction soit en congé à un moment pareil !"). Mais cette grève qu'il qualifie de disproportionnée n'a été possible, d'après lui, que "parce que les syndicats et les deux sociétés qui assurent le traitement des bagages travaillent ensemble." Sa solution ? Faire intervenir d'autres acteurs. "Je prends contact avec Brussels Airlines et Lufthansa, les principaux utilisateurs, pour voir quel rôle ils pourraient jouer."

Vive réaction du côté du MR. "Le fait d'augmenter le nombre d'opérateurs ne changera pas la situation", estiment les libéraux par communiqué. Et de conclure : "La solution viendra de l'instauration d'un service minimum." Etienne Schouppe n'est pas contre, à condition d'accords spécifiques. Il cite en exemple l'accord intervenu avec les syndicats des chemins de fer qui prévoit que ceux-ci n'organisent pas de grève sans préavis et qu'ils ne reconnaissent pas les grèves sauvages. Trouver des accords sur le droit de grève : cette nécessité est également épinglée par Melchior Wathelet pour le CDH et par l'Unizo (l'union des classes moyennes flamande).

En attendant, une certitude en tout cas : il faudra plusieurs jours après la fin de la grève pour que les 20 000 bagages entassés dans l'aéroport retrouvent leur propriétaire.

Infos : Web www.brusselsairport.be et 02.753.73.00.

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