Le constructeur automobile Renault a dévoilé vendredi un vaste plan d'économies avec près de 4.600 suppressions de postes en France, alors que la deuxième phase du déconfinement s'organise dans le pays.

Le syndicat français CFDT du groupe Renault a "dénoncé" vendredi matin le plan d'économies sur trois ans présenté par le constructeur automobile, qu'il a qualifié de "projet de casse sociale et de désindustrialisation". Deuxième syndicat du groupe, la CFDT "se fera entendre par tous les moyens possibles pour aboutir à trouver des solutions compatibles avec le respect des salariés et l'avenir de tous les sites de Renault en France", a-t-elle prévenu dans un communiqué.

"On va tout faire pour que ça reste à l'état de projet, pour que ce plan n'aboutisse pas car il ne tient pas la route. Nous sommes fermement opposés à ce projet", qui suscite "beaucoup de colère" parmi les salariés, a déclaré Franck Daoût, délégué syndical central de la CFDT Renault.

Le constructeur veut supprimer environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France - soit un peu moins de 10% de ses effectifs dans l'Hexagone -, dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. "Ce projet est vital", a déclaré vendredi Clotilde Delbos, directrice générale par intérim du groupe automobile en difficulté financière.

"Comment construire un plan de cette ampleur alors que la stratégie de l'entreprise ne sera dévoilée qu'en septembre 2020 au plus tôt?", proteste la CFDT.

Ce plan "est déséquilibré aux dépens de la France, au regard des efforts consentis par les autres pays où le groupe est installé", souligne le syndicat, qui va "demander des expertises sur les sites concernés".

En France, le plan devrait affecter quatre sites, dans des conditions qui restent en partie à définir: Caudan (Morbihan), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Dieppe (Seine-Maritime) et Maubeuge (Nord). Le projet inclut l'arrêt de la production automobile à Flins (Yvelines), à la fin de la fabrication de la Zoe après 2024.

En Belgique, l'impact n'est pas encore connu

Il n'est pas encore clair si l'important plan de restructuration annoncé vendredi au sein du constructeur automobile Renault aura un impact en Belgique, a-t-on appris auprès de la filiale Renault Belgique-Luxembourg. "L'impact sur les organisations locales n'est donc pas encore connu", répond-on chez Renault Belgique-Luxembourg.

Quelque 220 personnes travaillent pour la marque française dans le pays, pour l'importateur, le prestataire de services financiers RCI ou l'entrepôt de pièces détachées pour le Benelux situé à Boom.