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C’est un nouveau revers de taille que subit Ryanair ! La Commission européenne a mis son veto - sans surprise - au rachat par la compagnie aérienne irlandaise à bas coût de sa compatriote Aer Lingus, qui aurait créé, selon elle, une situation de monopole. "Cette acquisition ne pouvait pas être autorisée du point de vue de la concurrence", a expliqué sobrement le commissaire en charge de la Concurrence, Joaquin Almunia, soulignant qu’elle aurait "nui aux passagers".

Ryanair, qui détient 30 % d’Aer Lingus, s’était déjà heurtée à deux reprises au refus de la Commission, en 2007 et en 2009. Les "mesures correctives" qu’elle avait avancées ont été balayées. Celles-ci consistaient en une reprise par le groupe IAG, maison mère de British Airways et Iberia, des activités de Ryanair et Aer Lingus à l’aéroport londonien de Gatwick. La britannique Flybe devait aussi reprendre 43 liaisons d’Aer Lingus à destination du Royaume-Uni.

Ce dernier coup de bluff n’a pas suffi. Les mesures étaient loin de répondre au problème fondamental de la transaction : la création d’un monopole ou d’une position dominante sur 46 liaisons. "Je n’avais pas d’autre choix que d’interdire l’opération", a dit Joaquin Almunia, alors que Ryanair faisait appel contre cette "décision politique".

Cette position ferme de la Commission est justifiée. Elle qui a interdit à peine vingt-quatre fusions d’entreprises en un peu plus de vingt ans (sur quelque 5000 dossiers traités) cherchait à garantir la concurrence sur les voies de l’Irlande.

Si Ryanair s’était imposée du jour au lendemain au consommateur comme le seul choix, elle ne se serait pas privée de dicter sa loi commerciale, de hausser les tarifs et d’abaisser la qualité. On sait à quel point on peut lui faire confiance sur ce plan.

Édito de Pierre Loppe