Il y a quelques jours, le ministre des Finances, Didier Reynders, a rappelé qu'au-delà des mesures d'aides ponctuelles accordées aux ménages pour alléger leur facture pétrolière, l'Etat belge a aussi mis en place des mesures très intéressantes ouvertes à tous. En l'espèce, beaucoup d'entre nous ont droit à des réductions d'impôts s'ils ont consenti dans l'année des dépenses permettant une réduction de leur consommation d'énergie. Il faut être propriétaire, usufruitier, ou même locataire (depuis 2005 en respectant certains délais, pour l'exercice 2006), et être capable de justifier de telles dépenses.

Correctement justifiées, les dépenses effectuées peuvent encore être affectées par le locataire et par le propriétaire, à concurrence de leur investissement effectif. Et on parle bien entendu d'une habitation principale, et non pas affectée à des fins professionnelles (pas plus que les «kots» d'étudiants).

Les dépenses prises en compte sont très larges. «A partir de cette année, on peut même prendre en compte la facture d'entretien d'une chaudière», a rappelé Didier Reynders. Mais en pratique, l'installation d'une nouvelle chaudière - que l'on suppose plus économique que les anciens modèles - assortie de sa facture et des normes affichées, permettra une réduction fiscale.

Une palette très large

Et cela, même pour une chaudière au bois, ou une pompe à chaleur. Il s'agit évidemment d'une installation destinée à chauffer une habitation, pas... une piscine. Sont aussi concernées, les dépenses pour l'installation d'un système de chauffage de l'eau par l'énergie solaire, pour l'installation de panneaux photovoltaïques, pour l'installation de dispositifs permettant la production d'énergie géothermique. Mais on peut encore ajouter à cela, l'installation de double vitrage, l'isolation du toit de l'habitation, jusqu'aux dépenses liées au placement de vannes thermostatiques ou d'un thermostat à minuterie. De la même manière, les frais d'un audit énergétique sont pris en considération. Dans les cas d'installations de dispositifs spécifiques, les travaux doivent impérativement être effectués par un entrepreneur enregistré.

Et, à combien s'élève la réduction fiscale? Elle s'élève à 40pc de la dépense, à concurrence de 620 euros s'il s'agit d'une construction ou d'une acquisition à l'état neuf de l'habitation concernée, ou à 750 euros lorsqu'il s'agit d'une rénovation totale ou partielle de celle-ci. La réduction fiscale est accordée par habitation. Et, à partir de l'exercice d'imposition 2007 qui concerne les dépenses et les revenus 2006, le montant maximum de la réduction d'impôt s'élèvera à 1280 euros par habitation, qu'il s'agisse d'une construction ou d'une rénovation.

Réduction, mieux que déduction

On parle enfin ici d'une réduction d'impôts, soit d'une diminution de l'impôt à payer. En ce qui concerne les couples, la répartition de la réduction suit la quotité appliquée dans la part du revenu cadastral. Elle est d'autant plus intéressante qu'elle peut parfaitement être demandée alors que le contribuable a bénéficié d'aides régionales. On ne peut pas, par contre, bénéficier de cette réduction d'impôts si les dépenses sont également déclarées au titre de frais professionnels, lorsque la profession est exercée dans une partie du domicile.

© La Libre Belgique 2006