A l'origine, le Festival de Wallonie, c'était 7 Festivals indépendants de musique classique (concerts, chant choral, musique de chambre...) se tenant tous en été : ceux du Hainaut, du Brabant wallon, de Liège (Les Nuits de Septembre), de Saint-Hubert (Juillet musical), de Stavelot, de Namur et de Huy-Durbuy. "Certains ont plus de 50 ans, explique Claire Ringlet, secrétaire artistique au siège central. Mais ce n'est que depuis 1971 que le Festival de Wallonie les chapeaute. Avec un objectif très clair : réaliser des économies d'échelle en centralisant la recherche de financement public et de sponsoring".

Au fil des années, un autre lien, artistique cette fois, s'est tissé entre ces Festivals. "L'asbl centrale compte un conseil artistique qui permet un échange de propositions émanant tant du Festival central que des Festivals fédérés. Chaque année, nous décidons ensemble d'une thématique particulière. Cette année, c'est "Au-delà des frontières", favorisant les échanges. Pour 2008, nous avons choisi "Les chants de la terre" ou l'influence de la nature sur les compositeurs. En fait, nous travaillons un an à l'avance. Le Festival 2007 a débuté quand nous finalisions la programmation des 70 à 80 concerts qui se dérouleront de juillet à octobre 2008 et de Tournai à Stavelot, avec un concert d'ouverture à Bruxelles fin juin". Une particularité géographique appréciée des sponsors qui ont ainsi plusieurs points de chutes à des dates différentes. Car ici, pas question d'installer des banderoles et autres calicots : c'est en invitations que les sponsors sont "payés" en retour.

Indépendance

Il n'empêche, les 6 Festivals (en cours de route, le septième s'est perdu) sont et restent indépendants. Ce sont eux qui organisent leur programme, négocient les cachets des artistes, etc. Jusque dans leur manière de fonctionner qui leur est très personnelle : à Stavelot, tout est pris en charge, jusqu'à la restauration après les concerts, par une équipe soudée de 40 à 45 bénévoles ("La structure dont tout le monde rêve", dit en souriant Claire Ringlet); à Namur comme à Liège, le Festival n'a pas de personnel appointé mais a développé une collaboration, ici, avec le Théâtre, là, avec l'orchestre philharmonique qui gèrent la logistique, la billetterie, la Régie...; à Saint-Hubert, une personne est engagée à mi-temps autour de laquelle s'inscrit une structure d'une vingtaine de bénévoles; etc.

"C'est, par contre, le Festival central qui trouve les deniers nécessaires auprès des pouvoirs publics (la Communauté française, les Régions wallonne et de Bruxelles-Capitale) et des sponsors, institutionnels ou privés (la Loterie nationale, la Banque nationale, la SRIW, Electrabel-Distrigaz, Peugeot, Dexia, Ethias, Lhoist, BASF, Cera...), ajoute Claire Ringlet. C'est elle aussi qui gère ce budget et le répartit : une partie reste au Festival central pour ses frais et charges, dont le salaire des 5 personnes qui y travaillent, le reste est divisé en 6 très exactement". Quant aux rentrées, elles reviennent entièrement dans l'escarcelle de chaque Festival. Certaines années sont fastes pour les uns, moins pour les autres. "Mais pour le moment et depuis 2002, aucun n'a de souci." Et de préciser qu'en matière financière, le Festival central est très pointilleux, exigeant de chacun des Festivals fédérés un plan comptable, etc.

Fonds aidants, et toujours dans un souci d'économie d'échelle, l'asbl Festival de Wallonie se permet aujourd'hui de monter elle-même des projets originaux, trop coûteux s'ils n'étaient présentés qu'une fois, mais qui, repris six fois, deviennent rentables. Cette année, c'est le cas du concert "Le Livre Vermeil" qui, avec 45 musiciens, revisite des musiques du XIVe siècle.