Le fondateur de la compagnie aérienne britannique à bas coût easyJet a obtenu jeudi la condamnation de sa rivale irlandaise Ryanair et des excuses de celle-ci, pour une campagne de publicité comparative agressive le ridiculisant, alors qu'il ne dirige plus la compagnie. La haute Cour de Londres a condamné Ryanair à payer à Stelios Haji-Ioannou, qui avait créé easyJet en 1995, 50.100 livres de dommages, qu'il reversera à des oeuvres.

Ryanair, s'en prenant dans la presse britannique cet hiver à la ponctualité d'easyJet, avait assorti sa publicité d'une photo de M. Haji-Ioannou affublé d'un nez de Pinocchio, le signe des menteurs.

Quand celui-ci, assez corpulent, avait protesté, Ryanair avait essayé de le ridiculiser encore en suggérant à sa clientèle de voter pour dire comment le conflit devait se régler entre lui et le patron de Ryanair Michael O'Leary, plutôt d'allure sportive. Ils avaient le choix notamment entre un combat de sumos, une course déguisés en drag-queens ou un combat dans la boue.

Or M Haji-Ioannou n'a pas grand chose à voir dans la ponctualité d'easyJet, dont il n'est plus que le premier actionnaire et propriétaire de la marque. Après un conflit larvé de plus d'un an, il a même pris ouvertement ses distances en mai en démissionnant du conseil d'administration.

Dans un communiqué, M. O'Leary et Ryanair lui présentent leurs excuses, reconnaissant qu'il n'est en effet "pas responsable" de la décision d'easyJet de suspendre la publication de ses rapports de ponctualité, fait qui avait déclenché la campagne de presse.