Après avoir joué la carte de la discrétion comme s’il avait quelque chose à cacher, le secteur du nucléaire se réveille. Après l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF) qui vient de lancer une consultation populaire sur la gestion des déchets radioactifs, après l’Institut des radioéléments (IRE) qui vient de sortir le premier numéro de son bulletin d’information (à l’intention des riverains), c’est le Forum nucléaire belge qui s’invite sur la scène médiatique. L’ASBL représentant les entreprises du secteur a lancé lundi une campagne invitant à la réflexion sur la problématique du nucléaire. "Il existe de nombreuses idées reçues et inexactes sur le nucléaire. La démarche vise à inciter les gens à s’interroger sur le sujet. L’énergie nucléaire représente 55 pc de l’électricité consommée en Belgique, tout le monde est concerné", explique Diana Nikolic, porte-parole francophone.

Le nucléaire représente 9 000 emplois

Le spot (en néerlandais et en français) aborde, en 60 secondes, des questions que se posent les citoyens sur les centrales nucléaires (déchets, émissions de CO2, sécurité, approvisionnement, etc.) et les autres sources d’énergies. La campagne aurait nécessité deux ans de maturation avant d’être concrétisée. "C’est une mini-révolution. On a trop longtemps laissé le champ libre aux anti-nucléaire qui ont propagé tout et n’importe quoi sur le sujet. Nous voulons un vrai débat sur le sujet et il y a une fenêtre d’opportunité pour que les politiques aussi s’investissent davantage dans le débat", dit-on au Forum.

Il est aussi possible de confronter, via le site Internet (www.forumnucleaire.be), ses connaissances avec des données disponibles sur les différentes applications nucléaires et les enjeux. Pour rappel, si la loi ne change pas, trois réacteurs doivent être démantelés en 2015 (Doel 1 et 2, Tihange 1). La concrétisation de ce projet entraînerait une augmentation des émissions de CO2 de la Belgique de 4 à 5 pc. D’après l’ASBL, les déchets nucléaires produits en Belgique représentent l’équivalent d’un dé à coudre par an et par habitant. Certes, l’atome est source de problèmes, mais il présente aussi une série de solutions notamment en matière de sécurité d’approvisionnement d’énergie de la Belgique et de réduction des émissions de CO2. Par ailleurs, la Belgique dispose d’une expertise en la matière qu’elle peut valoriser à l’étranger au regard des projets qui foisonnent dans les autres pays qui relancent des projets de construction de centrales nucléaires. En Belgique, fait valoir le Forum, le secteur du nucléaire emploie au quotidien environ 9 000 travailleurs qui n’ont pas à rougir de leur travail.