Les sept pays les plus riches du monde ont montré un optimisme modéré samedi sur les perspectives de la croissance mondiale malgré la flambée des prix du brut, mais sont restés profondément divisés sur la lutte contre la pauvreté, lors de leur réunion à Washington.

Les ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale du G7 estiment que «les perspectives continuent de signaler une croissance solide pour 2005» pour l’économie mondiale, selon le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

Toutefois, le groupe des sept pays les plus riches (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie et Canada) souligne en particulier «que les prix du pétrole sont un frein» à la croissance.

Bien qu’il se soit replié nettement ces derniers jours, le prix du baril reste autour de 50 dollars et commence à avoir un effet sur la consommation aux Etats-Unis par exemple.

Mais le groupe des sept est divisé sur les moyens de faire baisser le prix.

Là où les Américains donnent la priorité à une hausse de l’offre d’or noir, les Européens plaident pour des économies d’énergie.

La formulation du communiqué est assez vague et a peu de chances d’influencer les marchés. Dans leur texte, les ministres du G7 «saluent les efforts pour améliorer les données (statistiques) sur le marché du pétrole, et accroître l’offre d’énergie à moyen terme et son efficacité».

Le G7 s’est aussi inquiété de ce que «la croissance était moins équilibrée qu’avant» appelant les Etats-Unis à réduire leur déficit budgétaire, l’Europe à faire des réformes structurelles et le Japon à faire les deux.

Le secrétaire au Trésor américain John Snow a une nouvelle fois promis que son pays divisera ce déficit par deux d’ici 2009, lors d’une conférence de presse samedi.

En revanche, les grands argentiers des sept pays les plus riches du monde n’ont pas réussi à rapprocher leurs positions sur le meilleur moyen d’aider les pays les plus pauvres à sortir du marasme.

Les ONG ont immédiatement dénoncé l’absence de progrès. «Deux millions d’enfants meurent alors que les discussions se poursuivent et toujours rien sur la dette», dénonce l’une d’entre elle, Jubille Debt Campaign.

Pourtant, les Britanniques, qui président cette année le G7, ont fait une priorité de l’aide au développement et veulent absolument obtenir un accord, lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G8 qui se tiendra début juillet en Ecosse.

Ils ont proposé de doubler l’aide au développement et l’annulation de la dette des pays les plus pauvres à l’égard des organisations multilatérales.

Mais aucune proposition ne fait l’unanimité. Ainsi, l’idée de vendre une partie des stocks d’or du FMI pour alléger le fardeau de la dette des plus pauvres, se heurte à l’opposition des Etats-Unis, qui à l’inverse n’arrivent pas à convaincre leurs partenaires qu’il faudrait remplacer les prêts par des dons.

Les Britanniques n’ont pas non plus réussi à rassembler sur leur facilité de financement internationale, un mécanisme de garantie de prêts, qui permettrait de doubler l’aide au développement pour la porter à 100 milliards de dollars par an.

Quand à l’idée franco-allemande d’une taxe sur le kérosène ou les billets d’avions pour financer l’aide, elle ne fait pas non plus l’unanimité, bien qu’elle soit jugée réalisable par la Commission européenne et la Banque mondiale.

Toutefois, il faut s’attendre à «une percée et une décision» en Ecosse, au sommet de Gleneagles, estime-t-on au sein de la délégation allemande.