Le groupe avait réalisé un bénéfice net de 4 milliards de dollars en 2019 avant l'apparition de la pandémie. "Notre secteur a été durement touché. Le transport routier et aérien est en recul, tout comme la demande de pétrole, les prix et les marges", résume Bernard Looney, directeur général de BP.

Du fait du plongeon de la consommation d'hydrocarbures, surtout au printemps dans la foulée des premiers confinements, les cours pétroliers se sont effondrés à des tréfonds historiques jusqu'en territoire négatif début avril.

Ils sont remontés un peu au-dessus de 50 dollars désormais mais restent inférieurs à leur niveau de tout début 2020. BP observe que les prix ont progressé depuis fin octobre, aidés par l'effort des pays de l'Opep et ses partenaires de réduire la production et plus récemment par les espoirs autour du déploiement des vaccins.

Le groupe prévoit une reprise de la demande en 2021 mais s'attend à souffrir au premier trimestre en raison des nouvelles restrictions face aux variants du virus.

Au total, BP a vendu en moyenne son pétrole à un prix compris entre 39 et 42 dollars en 2020, contre entre 57 et 64 dollars en 2019. Son chiffre d'affaires annuel a chuté de 35% à 180,4 milliards de dollars.

Suppression de 10 000 emplois

BP a subi des pertes lors des trois premiers trimestres de l'année et avait en particulier décidé de passer dans ses comptes au deuxième trimestre une énorme charge, de l'ordre de 20 milliards de dollars, reflétant des dépréciations d'actifs afin de tenir compte du choc durable de la crise sanitaire sur les cours du brut.

Il est toutefois parvenu à revenir dans le vert au quatrième trimestre avec un bénéfice net de 1,36 milliard de dollars grâce à la vente pour 5 milliards de dollars de ses activités pétro-chimiques au britannique Ineos.

Face à la crise, BP a mis en place un programme d'économies de 2,5 milliards de dollars d'ici 2021, ce qui passe par la suppression de 10 000 emplois dans le monde, soit 15% de ses effectifs. Le groupe précise mardi que plus de la moitié de ces réductions d'effectifs a eu lieu à la fin 2020.

L'année écoulée, la première sous la direction de M. Looney, a été marquée en outre par le virage "vert" pris par BP qui assure vouloir devenir un groupe énergétique et non plus seulement pétrolier.

Il a déjà annoncé vouloir multiplier par 10 ses investissements dans l'énergie à faible émission carbone d'ici 2030, pour atteindre 5 milliards de dollars par an, notamment dans les renouvelables.