"Le conseil d'administration de Financière Agache (filiale de Groupe Arnault) s'est réuni pour approuver l'investissement au sein de Lagardère Capital & Management annoncé le 25 mai 2020", selon le communiqué, qui précise que cette opération sera finalisée début septembre, "après levée des dernières conditions suspensives en cours de finalisation".

Selon une source proche du dossier, cette prise de participation par augmentation de capital s'élève à environ 80 millions d'euros pour le groupe de Bernard Arnault.

"Cet investissement viendra concrétiser les liens de longue date qu'entretiennent nos deux familles et manifester notre attachement à l'intégrité du groupe Lagardère autour de ses deux piliers", l'édition (Hachette) et la distribution dans les gares et aéroports (boutiques Relay), a déclaré le milliardaire à la tête du groupe de luxe LVMH, cité dans le communiqué.

Bernard Arnault confirme donc son soutien à Arnaud Lagardère en portant secours à sa holding personnelle, endettée à hauteur de 214 millions d'euros et dans le rouge en 2019.

La perspective de l'arrivée de ces liquidités a déjà permis de renégocier l'emprunt à terme de 164 millions d'euros contracté auprès du Crédit Agricole, a affirmé mercredi à l'AFP une autre source proche du dossier.

La solvabilité d'Arnaud Lagardère est importante du fait du statut atypique du groupe Lagardère, qu'il dirige, en société en commandite par actions (SCA), qui lui permet de garder le contrôle avec seulement quelque 7% du capital, mais le rend également responsable indéfiniment des dettes de l'entreprise sur ses biens propres.

Associé-commandité, Arnaud Lagardère a par ailleurs été reconduit lundi pour quatre ans à son poste de gérant du Groupe Lagardère dans le cadre d'un renouvellement anticipé adopté par le conseil de surveillance.

L'annonce est survenue dans un contexte très tendu entre l'héritier de Jean-Luc Lagardère et les deux premiers actionnaires de son groupe, le géant des médias Vivendi et le fonds activiste Amber, qui s'étaient alliés quelques jours plus tôt pour demander une représentation au sein de ce conseil, et ainsi peser sur la gouvernance de l'entreprise. Ils ont tous deux déploré mardi cette manoeuvre, y voyant un nouvel exemple de dysfonctionnement de la gouvernance du groupe.

L'une des membres du conseil de surveillance, la directrice générale des activités françaises de la maison de ventes Christie's Aline Sylla-Walbaum, a également démissionné lundi de ce conseil après avoir fait part de "réserves sur l'absence d'éléments précis justifiant la prolongation du mandat d'Arnaud Lagardère", a révélé mercredi le site d'actualités économiques Wansquare.

Le clan Lagardère a confirmé cette information à l'AFP, assurant que la réunion du conseil de surveillance de lundi, qui a réuni 8 membres sur 9, était "légitime", et que Mme Sylla-Walbaum n'avait pas pris part au vote sur le renouvellement du gérant.

"Quoi qu'il advienne, Arnaud Lagardère est maintenant là pour 4 ans et inamovible", a assuré cette source.