Delhaize Belgique avait mis les petits plats dans les grands, mercredi, pour inaugurer son tout nouveau centre de distribution, à Zellik où des installations logistiques sont présentes depuis 1964. Caractéristiques : 12 000 m2 de surface sur 10 m de haut, 52 quais de chargement et déchargement automatisés pour traiter 4 000 bacs de produits frais (un nouveau type de bacs, d’ailleurs, spécialement conçus pour Delhaize et identifiés par des codes-barres afin de favoriser la traçabilité de chaque marchandise du fournisseur au magasin), le tout 6 jours sur 7 et 22h par jour à une température de 2°C, une première en Europe. Investissement total : 50 millions d’euros. Et 140 engagements (dans la petite ville et ses environs à 60 %).

Respectueux de l’environnement, le nouveau bâtiment qui atteindra sa pleine productivité en mars prochain (2 300 produits) est bien isolé et peu énergivore. De plus, 8 000 m2 de panneaux photovoltaïques ornent son toit et environ 20 000 m2 d’eau de pluie seront utilisés chaque année pour le refroidissement de l’entrepôt. Enfin, Delhaize testera ces prochaines semaines un camion entièrement électrique pour l’approvisionnement de ses magasins bruxellois.

La mise en fonctionnement de ces nouvelles installations n’est pas sans intérêt. C’est la face visible de la stratégie développée, dans notre pays, par le groupe belge de distribution. "Et pourquoi Delhaize ne serait-il pas aussi rentable en Belgique qu’aux Etats-Unis ?", lance le CEO Michel Eeckhout qui, pour ce faire, a plus d’un tour dans son sac. A plusieurs reprises, le patron de Delhaize Belgique martèle son mot d’ordre : fidéliser le client et en chercher d’autres. Et il annonce les moyens que lui et ses équipes comptent utiliser dans les prochains mois.

Sur le modèle du Red Market de Gembloux (le supermarché low-cost ouvert en janvier 2009 pour tester les innovations) dont les résultats sont encourageants, un nouveau magasin pilote sera ouvert à Andenne en octobre, puis 4 autres, ailleurs, en 2010.

Le service de shopping en ligne (vous commandez par le Net et emportez vos provisions en magasin), testé depuis juin à Overijse), sera étendu à 4 autres magasins cette année et 20, en 2 010.

Les systèmes de paiement innovants seront également renforcés (40 magasins supplémentaires seront équipés du quickscan d’ici la fin de l’année prochaine - vous scannez les produits à la caisse -, 12, de self-scanning -vous scannez vos articles au fil de vos courses - et 44, du self-pay - vous les réglez ensuite à des caisses automatiques -).

La "carte plus" n’a pas dit son dernier mot. De nouveaux partenariats sont actuellement à l’étude pour offrir plus d’avantages aux clients.

Comme l’opération de distribution de cartes Pixar a connu un succès sans précédent (210 millions de cartes distribuées au 31 août), Delhaize ne s’arrêtera pas là (lire ci-dessous).

Même résolution concernant une politique de prix bas toujours aussi agressive, qui vise à proposer les meilleurs prix du marché pour les produits frais, des prix 15 % moins chers que les produits équivalents de marques nationales pour les marques propres, et des prix compétitifs pour les marques nationales.

Mais Delhaize Belgique a d’autres raisons d’avoir le sourire. D’après une enquête interne, jamais la perception des prix pratiqués par Delhaize par la clientèle n’a été aussi bonne depuis cinq ans.

Les ventes parviennent à se maintenir, dans un environnement toujours difficile. Elles sont même arrivées à croître de 1,7 % au premier trimestre, et de 1,9 % au deuxième.

Le nombre de transactions par magasin a, lui aussi, grimpé entre le premier et le deuxième trimestre. Tout comme la rentabilité de l’entreprise (entre le premier et le deuxième trimestre, les marges sont passées de 4 à 4,3 %, pour 3,8 % de moyenne en 2007 et 2008 )

Enfin, les parts de marché du lion noir ont, pour les six premiers mois de cette année, dépassé le score réalisé en 2008.

Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils découlent de la politique de réduction de coûts entamée en 2008 (sous le nom de plan Excel 2008-2010). À mi-parcours, Michel Eeckhout qui en assure l’exécution en rappelle les cinq grands axes : l’accélération de la croissance des ventes, l’expansion et la rénovation du réseau de magasins (il y en aura entre 800 et 805 d’ici la fin de cette année, et 357 millions d’euros ont été investis dans ce sens depuis 2005), la réduction des coûts, l’amélioration des marges et une meilleure perception de la politique de prix.