Mis en cause par la CSC qui lui reproche de pratiquer du dumping social à grande échelle, le transporteur routier Jost a répliqué. Pour rappel, le syndicat chrétien reproche à Jost de faire venir en Belgique des chauffeurs routiers roumains par avion et de les payer au rabais en appliquant des barèmes roumains alors qu’ils travaillent en Belgique.

Pour le transporteur, si des chauffeurs roumains arrivent en Belgique par avion (via Maastricht), c’est pour leur permettre de faire le trajet dans de meilleures conditions. Le voyage dure en effet deux heures au lieu de plus de vingt en car.

Pour le reste, Jost avance que tout est fait en règle. Selon le transporteur, les travailleurs roumains qui sillonnent l’Europe et qui reçoivent leur ordre de mission d’une société roumaine, en l’occurrence Skiptrans, doivent être payés aux barèmes roumains. Les chauffeurs roumains qui ne travaillent qu’en Belgique sont, toujours selon le groupe Jost, payés en respectant les barèmes belges. La CSC conteste cependant l’affirmation selon laquelle ces chauffeurs seraient dispatchés depuis la Roumanie.

En tout état de cause, comme les avions, ces infos ont atterri… non pas à Maastricht, mais à l’auditorat du travail de Liège.

Du chômage au Luxembourg

Par ailleurs, apprenant l’arrivée de travailleurs roumains sur le sol belge, le LCGB (syndicat luxembourgeois) est monté au créneau. "Le syndicat s’inquiète quant aux conditions de travail des chauffeurs employés par Jost S.A. au Luxembourg. Rien qu’en avril, 21 d’entre eux étaient au chômage partiel avec une rémunération à 80 % payée au final par le gouvernement luxembourgeois. Comme le livre de commandes en Belgique semble être bien rempli tout en nécessitant de la main-d’œuvre additionnelle, le LCGB se demande si cette perte salariale des chauffeurs luxembourgeois de l’ordre de 20 % est justifiée ou si elle fait partie d’une stratégie d’optimisation budgétaire."