Les spécialistes des semi-conducteurs Renesas et Dialog (fournisseur d'Apple, notamment) ont annoncé un accord sur le rachat du deuxième par le premier pour 4,9 milliards d'euros d'ici la fin de l'année 2021. L'entreprise japonaise va payer 67,50 euros en liquide par action du groupe germano-britannique, soit 20 % de plus que le cours de clôture vendredi, dans le cadre de cette transaction approuvée par les directoires des deux entreprises, selon un communiqué.

Les deux groupes, qui fabriquent notamment des composants pour le secteur automobile et les objets connectés, collaborent depuis de nombreuses années. L'annonce intervient alors que le secteur est sous pression en raison d'une pénurie internationale de semi-conducteurs qui freine la production automobile mondiale.

Un CA cumulé de 7 milliards d'euros

"Combiner Renesas et Dialog va élargir la base de clients du groupe réuni et permettre une croissance supplémentaire", ont fait valoir les deux entreprises.

Renesas compte financer l'achat, qui revient à 616 milliards de yens, par un crédit bancaire de jusqu'à 735 milliards ou l'émission de nouvelles actions.

Renesas a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 718 milliards de yens (5,6 milliards d'euros) et compte près de 19 000 employés. Dialog a affiché en 2019 un chiffre d'affaires de 1,42 milliards de dollars et compte 2 300 employés dans le monde.

Bond de Dialog à la Bourse de Francfort

Si son siège juridique se trouve à Londres, le centre administratif de l'entreprise est près de Stuttgart.

A la Bourse de Francfort, le titre de Dialog, coté en Allemagne mais exclu des indices TecDax et MDax, était en hausse de près de 16 % à 65 euros vers 8H25 GMT.

L'acquisition doit encore être approuvée par les actionnaires, qui doivent vendre leurs titres, ainsi que les autorités de la concurrence.

Né en avril 2010 de la fusion de Renesas Technology, fruit d'une précédente consolidation, et de NEC Electronics, une filiale de semi-conducteurs de NEC, Renesas Electronics s'est trouvé confronté à de graves difficultés en raison de la crise financière de 2008-2009 puis du séisme au Japon du 11 mars 2011, qui avait mis en péril une de ses plus importantes usines.

La compagnie avait été sauvée à l'automne 2013 par l'intervention d'un fonds semi-public japonais. Après d'importantes restructurations, elle a renoué avec les bénéfices au cours de l'exercice 2014/2015 et a même réalisé plusieurs acquisitions dont en 2018 celle de la société américaine Integrated Device Technology (IDT) pour 6,7 milliards de dollars.