Le prix, encore le prix et toujours le prix. C’est l’un des principaux facteurs de choix de vols pour 60 % des clients moyen-courriers si l’on en croit une étude menée en France. Pas étonnant de constater ainsi que, dans un contexte aérien européen morose, ce sont les compagnies dites low-cost ou à bas coût qui sortent leur épingle du jeu.

Les deux plus grandes compagnies de ce type en Europe, Ryanair et Easyjet, enregistrent ainsi des années qu’elles estiment record. Il est vrai que les transporteurs irlandais et anglais n’ont jamais autant acheminé de voyageurs sur le Vieux Continent qu’en 2012 : près de 60 millions pour Easyjet et quasiment 80 millions pour Ryanair.

Les deux compagnies mettent également en avant leur taux de remplissage, c’est-à-dire le pourcentage du nombre de passagers par rapport au total de sièges disponibles. Ce taux est normalement gage de rentabilité : un avion bien rempli, même avec des sièges low-cost, rapporte davantage. A ce petit jeu, la compagnie britannique dame le pion à Ryanair, avec un taux de près de 89 % contre 82 % pour l’irlandaise. Tant du côté d’Easyjet (qui a vu son trafic augmenter de 7 % par rapport à 2011), que de celui de Ryanair, les trésoriers se frottent les mains. L’année 2012 se termine en fanfare pour la compagnie orange avec des bénéfices nets de 317 millions d’euros (au 30 septembre), tandis que Ryanair table sur un résultat net proche de 500 millions d’euros. La progression est fulgurante et l’appétit vorace. En 1997, Ryanair transportait trois millions de passagers, elle espère en acheminer 120 millions en 2022.

Le low-cost est rentable et les compagnies aériennes traditionnelles en sont conscientes. Air France a ainsi décidé de se lancer dans l’aventure ce lundi en proposant une offre "Mini", avec des billets vendus à partir de 49 euros. La compagnie française explique dans un communiqué sa stratégie pour compresser les prix : l’enregistrement d’un bagage en soute sera en supplément et les voyageurs ne pourront pas choisir leur siège lors de leur réservation. Tout comme dans une compagnie aérienne à bas coût. Mais, en revanche, les voyageurs disposeront des mêmes prestations en vol (boisson, collation, journaux) et au sol (assistance) que sur un vol classique. Plus d’un million de billets seront vendus à ces bas prix. Le succès sera-t-il au rendez-vous ? Le site Internet d’Air France a, en tout cas, rapidement été saturé dès l’annonce de cette offre.

"Cette offre Mini vise les clients qui ont pu être tentés par les autres compagnies low-cost", a expliqué Alexandre de Juniac, le PDG d’Air France à l’AFP. A noter que le transporteur français mise aussi sur sa filiale Transavia pour développer ce type d’offres à bas coût.

Mais attention, la compagnie ne tient pas à devenir un nouveau Ryanair ou Easyjet pour autant. Cette offre ne sera pas élargie au long-courrier. "Sur le long-courrier, notre pari est vraiment de monter en gamme. Les passagers y sont sensibles et ils nous le font savoir tous les jours, précise Alexandre de Juniac. C’est un choix qu’on assume de ne pas être totalement low-cost." Une offre duale donc. L’idée taraude certainement les esprits de patrons de grandes compagnies traditionnelles, mises en difficulté par les low-cost sur les vols intraeuropéens.