Fini le temps où quelques marchands échangeaient des actions sous un platane de Wall Street. Le New York Stock Exchange (Nyse) entre dans une nouvelle phase de son histoire en devenant une société cotée, déterminée à maintenir sa position de première Bourse mondiale. Jusque-là organisé sous forme de coopérative, le Nyse, qui gère la première place financière du monde, celle de New York, fait, en effet, mercredi son entrée... en Bourse. Pas par le biais d'une introduction classique mais en fusionnant avec la plate-forme d'échanges électroniques Archipelago. Les actuels actionnaires d'Archipelago recevront 30pc des parts de la nouvelle entité, dénommée Nyse Group, le reste revenant aux actuels membres du Nyse. Les actions du Nyse Group s'échangeront sous le sigle NYX sur le marché du New York Stock Exchange.

Jusqu'il y a peu de temps, les principales places de marché américaines fonctionnaient principalement avec un système d'enchères à la criée et étaient organisées sous forme d'associations à but non lucratif. Avec le développement de plates-formes d'échanges électroniques plus petites mais aussi moins chères et plus rapides, elles ont vu leur part de marché se réduire comme peau de chagrin. Même le principal concurrent du Nyse, le Nasdaq, dont les échanges ont pourtant toujours été électroniques, n'a pas échappé à la règle. C'est ce qui l'a amené à racheter en avril 2005 la plate-forme d'échanges électroniques Instinet, qui avait grignoté ses plates-bandes, jusqu'à lui usurper 25pc de son marché.

Depuis cette acquisition, le prix de l'action du Nasdaq, qui s'est également introduit en Bourse en 2000, a été multiplié par quatre. Face à cette menace, presque toutes les autres places financières américaines ont suivi la mutation que va expérimenter le Nyse en généralisant les échanges électroniques et en devenant des sociétés à but lucratif, cotées en Bourse.

Mais le Nyse voit encore plus loin. En plus de l'apport technologique que constitue l'acquisition d'Archipelago, la Bourse de New York va en profiter pour développer son offre de produits. Il va notamment proposer l'échange de produits dérivés. Et John Thain, PDG du Nyse, a annoncé son intention de se lancer dans l'échange électronique d'obligations avec 4000 types d'obligations différentes, soit quatre fois plus qu'actuellement, qui devraient être cotés au Nyse, alors que le marché des obligations d'entreprises est estimé à 5000 milliards de dollars.

© La Libre Belgique 2006